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Vous allez devenir addicts. Vous êtes prévenus !

jeudi 19 mars 2009

Familles du cinéma indien : les Bachchan

De gauche à droite : Amitabh Bachchan dans Deewar (1975) et dans Ek Ajnabee (2005), Jaya Bhaduri-Bachchan dans Zanjeer (1973) et dans Laaga Chunari Mein Daag (2007), Abhishek Bachchan à l'IIFA en 2007 © Christopher Furlong-Getty Images, et Aishwarya Rai-Bachchan à Cannes en 2006 © splashnews.com

Bien sûr, le simple nom de Bachchan fait immédiatement penser à Amitabh, la légende vivante du cinéma indien, qui fut le premier de sa lignée à se lancer dans "l'industrie". Son père Harivansh Rai Bachchan était un illustre poète.

Amitabh
Bachchan
est né en 1942 à Allahabad en Uttar Pradesh, et ses débuts au cinéma remontent à 1969 dans Saat Hindustani (Anwar Ali Anwar). Il se fit mieux connaître dans Anand (Hrishikesh Mukherjee, 1971) face à Rajesh Khanna, immense vedette des années 1960, dont il fit décliner la carrière de héros gentillet grâce à des rôles de révoltés taillés sur mesure par les scénaristes Salim et Javed. Sa taille inhabituelle (1,90 m) et sa voix de baryton alliées à son charisme et à un amour irraisonné du public lui permettent de rester en haut de l'affiche jusqu'aux années 1990 où un changement s'impose avec l'âge. Passant du rôle de séducteur à celui de père, il change de look (il arbore maintenant une élégante barbichette blanche) et réussit un tournant rendu encore plus difficile par des problèmes financiers. C'est pour les résoudre qu'on le verra présenter à la télévision Kaun Banega Crorepati, la version indienne de Qui veut gagner des millions ?Il continue sa carrière au cinéma où les réalisateurs lui proposent des rôles de plus en plus variés et nombreux, encore pour longtemps semble-t-il. Tous les dimanches, il continue de venir saluer la foule de fans qui s'est amassée sous ses fenêtres. Finalement, c'est le pape du cinéma indien !

Son épouse Jaya Bhaduri-Bachchan (née au Bengale en 1948) était plus connue que lui au moment de leur mariage. Elle stoppa sa carrière pour élever ses 2 enfants, dont Abhishek, et revint à l'écran en 1998 dans Hazaar Chaurasi ki Maa (Sujata Chatterji). Depuis, elle n'a fait que quelques apparitions dans des seconds rôles.

Abhishek
Bachchan
(1976), fils d'Amitabh et Jaya s'est lui aussi lancé dans la carrière cinématographique en 2000. Il n'a sans doute pas hérité de ses parents, car il ne réussit pas à se hisser aux premières places. On peut cependant noter ses performances dans Yuva (Mani Ratnam, 2004), et dans Guru (Mani Ratnam, 2007).

L'épouse d'Abhishek, Aishwarya Rai-Bachchan (1973), est sans doute le membre de la famille dont le visage est le plus connu. Ancienne miss Univers, actrice d'abord utilisée pour son physique, excellente danseuse, elle est devenue l'un des visages de L'Oréal et assiste à ce titre à tous les festivals de Cannes depuis 2002. Elle continue une carrière qui oscille entre flops et réussites.

La sœur aînée d'Abhishek, Shweta Bachchan-Nanda, s'est mariée avec un petit-fils de Raj Kapoor. Mais les Kapoor, c'est une autre histoire !

mercredi 18 mars 2009

Ciné-club : suivez le coach !


© Dharma Productions

Mieux vaut le savoir
Avant de regarder votre premier film indien, il faut oublier la logique. Le cinéma commercial est détaché de toutes les convention occidentales ; il a pour seul but de divertir son public, et n’a cure des trames et des détails incohérents. Ainsi, voici quelques exemples qui ne gênent personne (sauf nous) :
• Par exemple, il arrive que le fils et la mère, aient pratiquement le même âge (voir Mother India, le classique indien par excellence, où la mère, jouée par Nargis, et le fils, interprété par Sunil Dutt, n'avaient qu'un an de différence. D'ailleurs, ils se marièrent après le film.)
• Les chansons et les ballets peuvent interrompre l’action et se dérouler parfois dans des lieux éloignés de ceux de l’action principale ; dans les années 1970-1980, il n’était pas rare d’être propulsé en un clin d'œil de l’Inde vers la Suisse : en effet, ce pays a permis aux Indiens de retrouver les paysages idylliques du Cachemire (région très filmée dans les histoires d'amour), devenu trop dangereux pour y tourner des films. C’est Yash Chopra, grand producteur et réalisateur, qui découvrit et fit connaître les paysages helvétiques dans nombre de ses films ; un lac porte officieusement son nom et Yash fut décoré par le gouvernement suisse pour son action en faveur du tourisme helvétique ! De nos jours, les chansons sont tournées dans des contrées plus "exotiques" comme L'Egypte : vous voyez ci-dessus une photo extraite de K3G (Karan Johar, 2001) dont la scène précédente se situait à Delhi. Paris a vu Abhishek et Lara danser pour Jhoom Barabar Jhoom (Shaad Ali, 2007), et Salman pour London Dreams (Vipul Shah, 2009). De plus en plus souvent, les producteurs n'hésitent pas à traverser le monde pour filmer une chanson dans un cadre nouveau.
• Les actrices changent plusieurs fois de tenue pendant un ballet ou une chanson : je ne sais pas pourquoi. Mais les hommes ont parfois droit au même traitement. Egalité des sexes.
• Quelques notions d’histoire (en particulier la période britannique) s’avèrent parfois utiles.
• Ne pas oublier que les grands textes comme le Mahabharata et le Ramayana servent parfois à la construction des scénarios. Cependant, il n’est pas toujours facile de comprendre le subtil rapport entre un film et les livres sacrés indiens, à moins de les avoir minutieusement étudiés.

Caractéristiques des films indiens
• Ils sont plus longs que les films occidentaux : entre 150 et 180 minutes. Ils comptent au moins 6 chansons parfois accompagnées de ballets. Nombre de ces chansons, indispensables dans un film pour attirer le public sont entrées dans le patrimoine collectif, et il n’est pas rare de les entendre encore quarante ans plus tard !
• Les acteurs miment les chansons, interprétées par des chanteurs de play-back qui jouissent parfois d’une gloire bien supérieure à celle des acteurs qu'ils doublent. Lata Mangeshkar, qui a pratiquement statut de déesse, chante depuis 1942, suivie de près par sa sœur Asha Bhosle. A près de 80 ans, elle chante de moins en moins, mais la relève est déjà assurée.
• Les scènes dénudées ou de sexe sont pratiquement inexistantes devant les menaces de la censure. Le baiser sur les lèvres s'ébauche parfois dans un savant dérapage, cependant, la plupart des actrices le refusent pour respecter les codes sévères de la bienséance et de l’honneur familial. Oui, c'est comme ça en Inde.

Les sous-titres français
Ils sont souvent d'une qualité médiocre, votre cerveau s'y perdra. Mieux vaut programmer les sous-titres anglais, même si vous n'avez que de vagues notions de cette langue ; vous ferez rapidement des progrès. Seuls les films diffusés à la télévision française, et les DVD édités par une société française auront des sous-titres français de bonne qualité.

Enfin
Plutôt que de vous proposer une sélection chronologique, j'ai opté pour une présentation thématique, moins rigide, qui permet aussi de faire des recoupements entre réalisateurs, acteurs et compositeurs.
A bientôt pour votre premier thème qui sera l' ??????

lundi 16 mars 2009

Dance India Dance

Depuis quelques semaines, une nouvelle émission titille notre intérêt sur Zee TV. Après SRGMP qui présentait un concours de chanteurs, Dance India Dance, vous l'avez compris, est une compétition de danse. De toutes les danses, qu'elles soient indiennes ou occidentales. Pendant les sélections, qui ont eu lieu dans toutes les grandes villes de l'Inde où des dizaines de milliers de candidats se sont présentés, nous avons pu mesurer l'énorme impact de Michael Jackson et de la break dance sur les jeunes Indiens âgés de 15 à 25 ans (limites d'âge pour ce concours).
Maintenant, la compétition a commencé sous la houlette de trois juges chorégraphes de cinéma qui entraînent chacun une équipe ; il s'agit de Terence Lewis (Lagaan), spécialiste de dance contemporaine, aux faux airs d'un Galliano assagi, de Geeta Kapur (Om Shanti Om, Thoda Pyaar Thoda Magic) qui œuvre dans la pure tradition de Bollywood, et de Remo D'Souza (Mission Istanbul), qui doit avoir des ancêtres portugais, plus porté sur la break dance à l'indienne.
Comme dans toutes les compétitions télévisuelles, le mot de la fin, les grandes décisions, les accolades, les conseils et le réconfort sont donnés par un super-juge, en l'occurrence Mithun, acteur bengali hindiphone, qui avait connu un succès phénoménal avec ses costumes à paillettes et son masque de plumes dans le film Disco Dancer en 1983.
C'est grâce, ou à cause de lui que des milliers de Bengalis continuent de se déhancher en chantant : "I am a disco dancer, yeah !".

dimanche 15 mars 2009

La photo de la semaine - Cachemire

© Bollymages. Lac Dal, juillet 1993

A Srinagar, au Cachemire indien, sur les canaux du lac Dal, aujourd'hui envahis par les algues et les jacinthes d'eau, les habitants se déplacent en shikara. Déjà qualifiée de paradis sur terre du temps des Grands Moghols, la région a été rattachée à l'Inde en 1947 sans plébiscite, alors que sa population est essentiellement musulmane et plus proche du Pakistan. Depuis plus de 20 ans, l'armée indienne occupe une partie du Cachemire, et le Pakistan, une autre, chacun revendiquant la totalité du territoire. Malgré des tentatives sporadiques d'accord entre les deux Etats, le Cachemire indien reste une zone dangereuse qui connaît régulièrement son lot de morts.

samedi 14 mars 2009

Chanson de film - Naya Daur (1957)

Dans un petit village, un conducteur de carriole à cheval se bat pour empêcher l'arrivée d'un service de bus qui va lui prendre sa clientèle. Une jeune fille, tombée amoureuse de lui, va l'aider dans sa tâche. Elle lui lance des fleurs dans la chanson Ude jab jab Zulfe Teri (Quand tes cheveux volent, le cœur des filles devient fou). Effectivement, le vent souffle fort dans ses cheveux !
Dix ans après l'indépendance, Naya Daur (Une ère nouvelle), traitait de la dure condition des paysans. Le film met en scène Dilip Kumar, l'une des grandes stars de l'époque, ardent militant social, et Vijayanthimala, danseuse classique du Sud, qui réussit à s'imposer à Bombay.
Réalisateur : B.R. Chopra (1914-2008)
Héros : Dilip Kumar (1922)
Héroïne : Vijayanthimala (1936)
Compositeur : O.P. Nayyar (1926-2007)
Chanteurs : Asha (1933) et Mohd Rafi (1924-1980)

jeudi 12 mars 2009

Ciné-club : panorama du cinéma indien

Cette nouvelle rubrique, qui s'adresse aussi bien aux novices qu'aux habitués de cinéma indien est destinée à donner des idées de films à voir ou à revoir. Des années 50 à nos jours, du Bengale au Tamil Nadu, tous les films dont je vous parlerai ont marqué le cinéma indien et m'ont plu, même s'ils n'ont pas toujours été auréolés de prix. Ils sont tous disponibles en DVD en France, sauf indication contraire.

Pour commencer, un rapide tour d'horizon sur l'historique du cinéma indien.
C’est en 1896 que les frères Lumière projettent leurs premiers courts métrages à l’hôtel Watson de Bombay, donnant le coup d’envoi à la projection d’une vague de courts métrages importés et adaptés au public indien, tels Panorama Of Indian Scenes, A Train At Bombay Station...
Parallèlement, des cinéastes indiens commencent aussi à réaliser des courts métrages qu'ils projettent dans les salons de familles fortunées.

La production cinématographique de longs métrages populaires commence en 1912 grâce au père du cinéma indien, Dadasaheb Phalke. Les thèmes sont alors essentiellement puisés dans les grandes épopées comme le Mahabharata et le Ramayana auxquels le grand public est accoutumé. Ce n’est que vers les années 1930 qu’apparaissent les sujets de société, presque en même temps que le cinéma parlant, après 1 300 films muets.
C’est l’avènement du parlant qui favorise l’introduction de chansons et de ballets dans les films. Aujourd’hui encore, la tradition de la musique de film reste vivace et sert d’élément de marketing en sortant quelques semaines avant le film.

Les années 1940 sont une période de transition entre l’apparition du parlant et l’explosion de la décennie suivante. C’est dans ces années qu’apparaît le thème des séparations et des retrouvailles familiales, qui continuera d’être exploité jusqu’aujourd’hui (Khabi Khushi Khabie Gham). La famille étant le centre du monde pour un Indien, ces films ont toujours connu plus de succès que les autres.

Les années 1950 sont particulièrement brillantes pour le cinéma indien. Cette période, qui suit l’indépendance et la partition et qui porte le nom d’âge d’Or, est pleine d’espoirs et de souffrances qui s'expriment sur les écrans ; elle voit naître ses premiers classiques populaires, tels Mother India, Shree 420 ou Naya Daur, et les grands interprètes qui marqueront les générations suivantes (Nargis, Raj Kapoor, Dilip Kumar, pour ne citer qu'eux).

Dans les années 1960, la couleur fait son apparition. Cette période est marquée par des costumes et des décors dont les coloris sont parfois tape-à-l’œil, mais on peut penser que la pellicule n’était pas encore à la hauteur des souhaits du directeur artistique ! Les films en noir et blanc des années 1960 nous livrent quelques œuvres superbement prenantes comme Kagaaz ke Phool, Bandini ou Sahib Bibi aur Ghulam.

Les années 1970, marquées dans le monde par la guerre du Vietnam et en Inde par l’état d’urgence, sont des années « rebelles » : la sexualité y fait de timides apparitions, alors que la violence, en la personne de l’acteur Amitabh Bachchan particulièrement, devient un élément naturel et constant de nombreux films. Il s’agit sans doute aussi d’une contre-réaction au romanesque des années précédentes, dominées par Rajesh Khanna. C'est aussi dans cette décennie que le cinéma d'art et d'essai fait son apparition grâce, en particulier, au réalisateur Shyam Benegal.

Dans les années 1980, le cinéma stagne, concurrencé par la télévision couleur, les magnétoscopes et les vidéos piratées. Les films se font moins esthétiques, la qualité musicale baisse, la décennie connaît peu de grands films mais beaucoup de divertissements faciles.

Les années 1990, qui sont des années de libération économique, donnent naissance à un cinéma plus tourné vers les préoccupations matérialistes, et moins vers l'homme du commun. Le marché des NRI (les Indiens de la diaspora) devient plus important et les réalisateurs commencent à tourner des films pour eux, en les prenant comme héros (DDLJ, Pardes).

Dans les années 2000, on assiste à une diversification des thèmes et à l'émergence d'un nouveau type de cinéaste ou acteur à casquettes multiples : Aamir Khan, acteur, produit et réalise ; Farah Khan, d'abord chorégraphe, réalise ; Vishal Bhardwaj, compositeur, réalise ; Farhan Akhtar, réalisateur, est devenu acteur et chanteur. Tous avec succès ! Ce qui nous promet de beaux jours. A très bientôt pour la suite...

mercredi 11 mars 2009

C'est Holi avec Amitabh Bachchan !

© Mahesh Kumar -AP
A la pleine lune du mois de Phagun (février/mars), les hindous du nord de l'Inde (et parfois ceux de la diapora) fêtent l'arrivée du printemps en ce jour d'équinoxe. La fête, généralement dédiée à Krishna, dure deux jours dont un (le plus photogénique) consacré aux couleurs : après s'être habillé de blanc, on se lance des poudres de couleurs ou on barbouille ses amis et les passants. D'autres s'arrosent d'eau colorée à l'aide d'un instrument que l'on voit déjà sur les miniatures mogholes. Les poudres colorées chimiques, tenaces et allergisantes sont de plus en plus remplacées par des poudres à base de plantes.
La joie de cette journée est encore accrue par les boissons opiacées caractéristiques de Holi, qui aident à faire tomber les tabous. Les femmes rechignent parfois à sortir ces jours-là pour éviter les plaisanteries douteuses et les contacts avec les hommes ivres.
Voici l'une des chansons de Holi les plus connues de Bollywood, Rang Barse (Les couleurs pleuvent) tirée du film Silsila (La Liaison, 1981). Le héros, désinhibé par une boisson au cannabis, taquine sa maîtresse en présence de sa femme et du mari de sa maîtresse.
Réalisateur : Yash Chopra
Héros : Amitabh Bachchan (dieu incontesté du cinéma hindi depuis les années 1980)
Héroïnes : Rekha (la maîtresse), et Jaya Bachchan (l'épouse à l'écran et dans la vie)
Compositeurs : Shiv-Hari (Shivkumar Sharma et Hariprasad Chaurasia) 2 musiciens classiques habitués du Théâtre de la Ville, respectivement maîtres du santoor (instrument à cordes frappées à la main) et de la flûte de bambou.
Chanteur : Amitabh Bachchan (il chante aussi, parfois).

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