Attention danger ! Blog redoutable...
Plus de 1500 articles sur l'Inde et son cinéma, plus de 350 films notés et annotés, quelque 300 chansons commentées, plus de 1200 références classées, des extraits d’émissions indiennes, un jeu aux trophées vintage...
Vous allez devenir addicts. Vous êtes prévenus !
Affichage des articles dont le libellé est Compositeurs. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Compositeurs. Afficher tous les articles

lundi 23 août 2010

Les compositeurs (6b)

Voici maintenant la seconde partie des compositeurs des années 2000, consacrée aux duos et à un trio.
La première partie est à un click.

Jatin-Lalit
Ces deux frères, dont le père était aussi compositeur, sont les dignes héritiers de R.D. Burman. Avec leurs nouveaux arrangements de thèmes romantiques, ils ont commencé à marquer la musique de film à dater de 1992.
Souvent sollicités par les réalisateurs Karan Johar et Aditya Chopra, ils ont composé des musqiues qui font partie de la vie quotidienne en Inde.
Les deux frères se sont séparés en 2006 pour suivre des carrières différentes.
Parmi leurs œuvres les plus connues (et leurs 11 nominations), figurent entre autres K3G (Karan Johar, 2001), Mohabbatein (Aditya Chopra,2000), Chalte Chalte (Aziz Mirza, 2003), Hum Tum (Kunal Kohli, 2004) ou Fanaa (Kunal Kohli, 2006).

Shankar-Ehsaan-Loy
Le groupe formé par Shankar Mahadevan, Ehsaan Noorani et Loy Mendonsa (de g. à dr.). est composé de 3 personnalités venant d'horizons différents.
Alors que Shankar est ingénieur en informatique, il étudie les musiques classiques carnatique et hindoustanie, avant de devenir chanteur de play-back dans les films Pukar et Biwi No.1.
Ehsaan Noorani étudie la musique à Los Angeles en liaison directe avec des musiciens occidentaux, puis débute en composant des jingles publicitaires tout en faisant partie d'un groupe de jazz.
Loy Mendonsa, quant à lui, étudie la musique occidentale avant de passer à la musique classique indienne. Aussi membre de plusieurs groupes musicaux, il joue dans des comédies musicales et compose des jingles et des thèmes musicaux pour la télévision à Delhi.
C'est à Bombay qu'ils se trouvent ensemble sur un projet télévisuel et finissent par former un trio qui va bientôt voler de succès en succès.

Après quelques premières musiques qui passent inaperçues (en même temps que les films), c'est Mission Kashmir, en 2000, qui marque le début de leur montée en puissance, puis Dil Chahta Hai (Farhan Akhtar, 2001), Kal Ho Naa Ho (Nikhil Advani, 2003), Bunty Aur Babli, KANK, Don: The Chase Begins Again, My Name is Khan, et j'en passe !

Formant un groupe complet où chacun apporte son expérience, S.E.L. a encore de beaux jours en vue, si l'on en juge par leurs 6 projets en cours.


Vishal-Shekhar
Vishal Dadlani (à g.) et Shekhar Ravjiani  ont connu leur premier succès avec le film Jhankaar Beats (Sujoy Ghosh, 2003) qui leur rapporte le R.D. Burman Award.
Ils continuent sur leur lancée avec Musafir (Sanjay, Gupta, 2004) dont la musique allie les sons indiens et la musique techno. L'année 2005 est très fertile pour eux avec 3 films à succès : Salaam Namaste, Dus et Bluffmaster
Ne pas oublier Om Shanti Om, Tashan, Bachna Ae Haseeno et Dostana.
Avec 2 personnalités différentes, le duo sait se séparer afin que chacun ait sa propre vie : Vishal est parfois le chanteur du groupe de rock Pentagram, et Shekkar s'adonne plus au chant classique hindoustani.
Leurs goûts différents expliquent sans doute la réussite de ce duo.
Ils n'ont pas échappé au rôles de juges dans l'émission Saregamapa dont je vous rebats parfois les oreilles !

Salim-Suleiman 
Les frères Salim (à dr.) et Sulaiman Merchant sont originaires du Gujarat.
Après 5 années de composition de bandes originales et de chansons (il s'agit là de 2 activités différentes), il se font remarquer pour la bande originale de Bhoot (Ram Gopal Varma, 2004) qui donne son ambiance sonore au film (une histoire de fantôme).
Chanteurs et compositeurs de musiques de films, ils comptent à leur actif quelques titres ou bandes originales de films bien connus, tels Dhoom (Sanjay Gadhvi, 2004), Mujhse Shaadi Karogi (David Dhawan, 2004), Krissh (Rakesh Roshan, 2006), Rab Ne Bana Di Jodi (Aditya Chopra, 2008) ou Fashion (Madhur Bhandarkar, 2008).
Les deux frères composent aussi pour des groupes d'indi-pop et des publicités télévisées ; Salim a souvent été chanteur de play-back.

lundi 12 juillet 2010

Les compositeurs (6a)

Pendant les années 2000 apparaissent ou grandissent une foule de compositeurs. Il serait fastidieux de les détailler tous. Je prévois 2 billets ; le premier pour les solitaires, et un autre pour les duos et les trios.
C'est parti pour les solos !

Ilayaraja (1943-)
Né au Tamil Nadu, et sans doute inconnu de nombreux lecteurs, Ilaiyaraja, qui est basé à Chennai, est le compositeur, chanteur et parolier le plus prolifique en Inde.
Sorti major du Trinity College of Music de Londres (où A.R. Rahman étudiera plus tard), il a composé, depuis les années 1970, plus de 4 500 chansons pour 900 films dans diverses langues indiennes, mais la plupart pour des films en tamoul et en telougou.
Très ancré dans la culture du Sud, il a cependant introduit des rythmes occidentaux dans ses compositions populaires. Il est en cela un précurseur de A.R. Rahman, son compatriote tamoul qui a été son élève.
Récompensé professionnellement de multiples fois , il a aussi reçu le Padma Bushan (équivalent de la Légion d'honneur).
Parmi ses œuvres primées figurent Sagara Sangaram (K. Vishwanath, 1983), Rudra Veena (K. Balachandra, 1988), Kala Pani (Priyadarsahn, 1996), Hey Ram (Kamal Haasan, 2000), Paa (R. Balki, 2009).

Rajesh Roshan (1955-)
Rajesh Roshan, le tonton de Hrithik Roshan, compose toujours pour les films de Rakesh Roshan, son frère, le père de Hrithik.
Ainsi, vous vous souvenez sans doute des musiques de Kaho Naa Pyaar Hai (2000), Koi... Mil Gaya (2003), Krrish (2006) et du tout récent Kites (2010).
Il a aussi une vie en dehors de la famille, et c'est d'ailleur ainsi qu'il a débuté en faisant chanter Mohammed Rafi, Lata et Kishore.
Son premier Filmfare lui arrive avec le film Julie (K.S. Sethumadhavan, 1975), suivi de 3 autres pour les 3 premiers films familiaux cités plus hauts. Et Krrish 2 est en gestation !


Anu Malik (1960-)
Anu Malik qui fait ses débuts en 1984 a déjà participé à quelque 200 films parmi lesquels une dizaine qui lui valent des nominations ou des récompenses.
On note en particulier Baazigar (Abbas-Mastan, 1993), Josh (Mansoor Khan, 2000), LOC Kargil (J.P. Dutta, 2003), Main Hoon Na (Farah Khan) et Muhje Shaadi Karogi en 2004 (David Dhawan). Sa composition pour Refugee lui rapporte un National Award.
Il réussit quelques perçées à l'étranger, puisque sa chansons Chamma Chamma de China Gate a été reprise dans Moulin Rouge., et que Chunari Chunari de Biwi n°1 a été utilisée dans Monsoon Wedding ; engin, il a composé la musique de Bride and Prejudice (Gurinder Chadha, 2004), un film à la distribution internationale.
Malgré les accusations de plagiat portées contre lui, il continue sa carrière en arguant qu'une gamme ne comprend que 7 notes...

Ismail Darbar (1964-)
Né au Gujarat, Ismail Darbar a longtemps été le violoniste attitré de nombreux compositeurs tels que Laxmikant-Pyarelal, Kalyanji-Anandji, Bappi Lahiri, Jatin-Lalit ou A.R. Rahman.
Finalement, sa première occasion se présente avec Hum Dil De Chuke Sanam (Sanjay Leela Bhansali, 1999), suivi de Devdas en 2002 avec le même réalisateur.
Il n'a que 10 années et 12 films derrière lui, ce qui est peu par rapport à ses collègues compositeurs. Il n'a sûrement pas encore écrit sa derrnière note.



A.R. Rahman (1966-)
Allah Rakha Rahman, compositeur maintenant mondialement réputé depuis le succès de Slumdog Millionaire, était connu en Inde bien avant qu'on le découvre en Occident.
Aussi chanteur et producteur de disques, sa récolte de Filmfare est impressionnante (il détient le record) : 14 Filmfare, 4 National Awards et tous les prix reçus à Hollywood et au Royaume-Uni.
En moins de 20 ans, il a été affublé par la presse internationale de nombre de surnoms parmi lesquels je ne garderai que le tamoul, Tempête musicale.



Himesh Reshammiya (1973-)
A ses débuts, vers 1998, Himesh Reshammiya a eu du mal à se faire reconnaître pour ses compositions. Son caractère fanstasque et ses coups de gueule ne sont sans doute pas étrangers à son mauvais départ.
C'est en chantant ses propres chansons qu'il connaît le succès avec une voix très reconnaissable, un peu nasillarde.
Il reçoit donc des récompenses d'une part pour ses qualités de chanteur, d'autre part pour celles de compositeur.
C'est la chanson Aashiq Banaya du film éponyme (Aditya Datt, 2005), qu'il a composée, qui l'a lançé sur la voie du succès.
Il a participé à de nombreuses émissions en tant que membre du jury, et  pour couronner le tout, il a tenté de faire du cinéma en s'appuyant sur ses millions de fans ;  il est cependant moins doué pour être acteur que chanteur, si l'on en croit le box-office.

Pritam Chakraborty (1971-)
Né à Calcutta, Pritam est tout d'abord l'élève de son père qui dirigeait une école de musique. A partir de 1993, il suit les cours du Film and Television Institute de Pune où il s'intéresse à l'enregistrement musical tout en s'ouvrant vers diverses influences étrangères.
Il vient ensuite s'installer à Bombay où il commence par composer des jingles publicitaires tout en rencontrant d'autres artistes dans la même situation. C'est d'ailleur avec Jeet qu'il va d'abord former un duo de compositeurs vers 2000 qui va durer quelques années.
Dès 2000, Pritam se lance seul et enchaîne les succès : Dhoom et Dhoom2, Life in a Metro, Jab We Met et Race font partie de ses compositions les plus connues. D'autres sont déjà en préparation pour 2010 et 2011.

lundi 10 mai 2010

Compositeurs (5)

Nous voici arrivés aux années 1990. C'est le moment où les médias indiens s'ouvrent vers l'Occident, en particulier avec la chaîne MTV qui aura une grande influence aussi bien sur la musique que sur la chorégraphie. La cible devient plus jeune, les musiciens commencent à s'adapter, des duos se forment.

Nadeem-Shravan
Après avoir formé leur duo en 1982, Nadeem et Shravan, qui ne sont pas des frères - contrairement aux autres duos de ce post -, composent surtout pour des films de série B.
Le succès arrive enfin dans les années 1990, qui voient la récolte de 4 Filmfare pour Aashiqui (Mahesh Bhatt,1990), Saajan (Lawrence D'Souza,1991), Deewana (Raj Kunwar,1992), et Raja Hindustani (Darmesh Darshan,1996).
Leur carrière s'est ralentie dans les années 2000.



Anand-Milind
Les 2 frères ont été bercés par la musique de leur père, Chitra Gupta, avant de devenir eux-mêmes compositeurs à 4 mains.
Avec quelque 170 films à leur actif depuis 1984 (parmi lesquels peu  de films à succès), ils ne reçoivent qu'une seule récompense pour Qayamat Se Qayamat Tak, (Mansoor Khan, 1988, premier film important d'Aamir Khan).
Ils forment cependant l'un des principaux duos de la décennie. On les retrouve encore dans les années 2000, toujours dans des films à moindre succès.


Jatin-Lalit
Elevés dans une famille de musiciens classiques, Jatin et Lalit, deux frères, débutent ensemble en 1982.
Moins prolifiques qu'Anand et Milind, ils recueillent néanmoins plus de nominations et sont souvent engagés par des producteurs et réalisateurs à succès.
Parmi les  films connus, à noter : DDLJ (1995), KKHH (1998), Mohabbatein (2000), Phir Bhi Dil Hai Hindustani (Le cœur reste indien 2000)... Pas mal !
Ils ont continué dans les années 2000, mais se sont séparés après Fanaa en 2006.

vendredi 12 février 2010

Compositeurs (4)

Alors qu'Anandji et Kalyanji ont déjà une grande partie de leur carrière derrière eux, les grands gagnants des années 1980 sont sans conteste Laxmikant et Pyarelal (photo ci-contre), qui s'étaient déjà forgé une place dans la décennie précédente. Pour mémoire, retournez donc voir leur post, vous les verrez plus jeunes.
Ils composent la plupart des musiques des films à succès des années 1980, parmi lesquels Coolie* (Manmohan Desai, 1983), Mr India (Shekhar Kapur, 1987), Tezaab Is Acid (N. Chandra, 1988), Ram Lakhan (Subash Ghai, 1989). Près de 200 films en une dizaine d'années !
* Coolie est un film particulier pour les Indiens et pour Amitabh Bachchan, car il est grièvement blessé durant le tournage (il n'a pas de doublure). Pendant son long séjour à l'hôpital, l'Inde retient son souffle, les prières fusent de toutes parts, on vient donner son sang... Sur le DVD du film, l'image stoppe sur la scène cruciale et un message s'inscrit en 3 langues - hindi, urdu, anglais - disant que Big B. a été blessé à cet instant. Mais revenons à nos compositeurs.

Bappi Lahiri (1952-)
Né à Calcutta dans une famille de musiciens, il débute au Bengale à l'âge de 19 ans. Très à l'écoute des musiques anglo-saxonnes, c'est lui qui va lancer la vogue du disco en Inde, immortalisé à l'écran en particulier par son compatriote bengali Mithun Chakraborty.
Personnage avenant et toujours arnaché de multiples chaînes en or (il doit y avoir de la superstition là-dessous), il est aussi un excellent chanteur qui donne encore des concerts, et qui apparaît aussi comme juge dans les émissions télévisées, où il improvise souvent des compliments chantés pour les meilleurs candidats.
A noter plus particulièrement les musiques de Namak Halaal avec Amitabh Bachchan (Prakash Mehra, 1982), le kitsch-kitsch Disco Dancer avec Mithun Chakraborty (Babbar Subhash, 1983), Shaarabi avec Amitabh Bachchan (Prakash Mehra, 1984) qui lui apporte le Filmfare de la meilleure musique.
Cet artiste prolifique qui a participé à quelque 400 films bengalis et hindis pense maintenant se tourner vers une carrière d'acteur.

mardi 10 novembre 2009

Compositeurs (3)

Les années 1970, marquées par une 3e guerre contre le Pakistan (qui aboutit à l'indépendance du Pakistan-Oriental, devenu Bengladesh), et de nombreux événements politiques comme l'état d'urgence instauré par Indira Gandhi, furent influencées par l'Occident et virent l'arrivée de nouvelles techniques musicales.



Kalyanji (1928-2000)-Anandji (1933) est un autre duo formé par deux frères gujaratis. Quittant leur région natale, leur père installe sa famille près de Bombay, à Girgaum, où vit déjà une importante communauté gujaratie. C'est ici que les deux frères apprennent la musique.
Kalyanji commence sa carrière avec le clavioline, un instrument électronique qui avait déjà été utilisé dès 1954 dans Nagin.Les deux frères forment ensuite un groupe de musiciens pour animer des soirées à Bombay et dans ses environs. Malgré la concurrence qui régne alors, ils réussissent à entrer dans l'industrie du cinéma ; Kalyanji ouvre la voie en 1959, car ses chansons sont alors interprétées par le duo Lata-Mohd. Rafi. Son frère le rejoint peu après.
Dès lors, Kalyanji-Anandji participent à la musique de plus de 200 films, principalement des films d'action qui s'appuient sur le personnage d'Amitabh Bachchan (Muqaddar Ka Sikandar, Don, Hera Pheri, Aadalat...). Ils sont tous deux récompensés pour Himalay Ki Godmein en 1965, et Kora Kagaz en 1974.
Très concernés par la difficile situation économique de l'Inde, ils donnent souvent des concerts pour diverses œuvres charitables, aidés dans cette tâche par de nombreux acteurs, tels Dilip Kumar, Amitabh Bachchan, Vinod Khanna ou Anil Kapoor.
Leur ouverture d'esprit leur permet de découvrir de nouvelles voix pour lesquelles ils composent des chansons ; par exemple, Kumar Sanu, Alka Yagnik, Udit Narayan qui sont encore dans l'actualité.
Les compositions de Kalyanji-Anandji sont toujours à l'ordre du jour, car elles ont été maintes fois remixées ou utilisées en rap, particulièrement en Grande-Bretagne.

Rahul Dev Burman (1939-1994)
Resté longtemps assistant de son père, S.D. Burman, Rahul Dev (R.D.) Burman va produire ses propres musiques à partir de 1961.
Très ouvert sur les succès occidentaux ou le jazz, il apporte des rythmes nouveaux qu'il compose surtout pour son épouse, la chanteuse Asha Bhosle, dont la carrière sera intimement liée à celle de son mari.
Parmi les quelque 300 films en diverses langues auxquels il a participé, il faut noter ses récompenses pour Sanam Teri Kasam (Narendra Bedi, 1982), Masoom (Shakhar Kapur, 1983) et 1942: A Love Story (Vidhu Vinod Chopra, 1993), sans oublier quelques-uns de ses succès composés pour Bombay to Goa (1972), Yaadon Ki Baaraat (1973) ou Sholay (1975).

mardi 27 octobre 2009

Compositeurs (2)

C'est la journée des duos de musiciens qui ont marqué leur époque en travaillant pour les grands réalisateurs et les grandes voix (les grandes voix sont avant tout Lata et de Mohd. Rafi). Comme c'est l'habitude en Inde, on appelle aussi les musiciens par leur prénom.

Shankar (1922-1987) et Jaikishan (1929-1971)
Le premier grand duo de compositeurs de musiques de films œuvre principalement dans les années 1950 et 1960.
Sur cette photo, Shankar et Jaikishan sont à gauche près d'Indira Gandhi (Jaikishan à l'extrême gauche), et à droite, c'est Raj Kapoor. Derrière Indira Gandhi, on reconnaît le comédien Mehmood qui sourit.
Shankar, originaire d'Andhra Pradesh, et Jaikishan, du Gujarat, se rencontrent à Bombay après des études de musique classique. C'est aux Prithvi Theaters de Prithviraj Kapoor (père de Raj Kapoor) qu'ils font leurs premières armes, en tant que musiciens ou acteurs.
C'est ainsi que Raj Kapoor, qui travaillait aussi dans le théâtre de son père, les engage dans son équipe en 1949 pour la musique de son film Barsaat, qui devient un grand succès, puis il les garde jusqu'à la mort de Jaikishan en 1971.
Dès lors, Shankar, amputé de son compère, n'est plus à la hauteur et l'on finit par l'oublier : sa crémation a lieu en toute intimité, alors que le cortège funèbre de Jaikishan, en 1971, avait rassemblé des milliers de fans.
Leurs compositions restent le summum des classiques du cinéma indien toujours vivaces dans la culture populaire.

A voir (les musiques de ces films ont été récompensées) : Chori Chori (En douce, Raj Kapoor, 1956), Anari (Idiot, Hrishikesh Mukherjee, 1959. Attention, plusieurs films portent le même titre), Sangam (Confluent, Raj Kapoor, 1964), Be-Imaan (Sohanlal Kanwar, 1972)

Laxmikant (1937-1998) et Pyarelal (1940)
Un nouveau duo de musiciens qui règne sur la musique de film pendant une bonne trentaine d'années à travers quelque 500 films de 1963 à 1998. Pyarelal (à droite), issu d'une famille modeste, est un autodidacte en mandoline.
Laxmikant (au centre), d'un milieu social comparable à celui de Pyarelal est le fils d'un trompettiste. Il apprend le violon à Goa avec Anthony Gonsalves (la chanson My Name is Anthony Gonsalves du film Amar Akbar Anthony est un hommage de Pyarelal à son professeur). Il se perfectionne avec l'orchestre de chambre de Bombay.
Les deux futurs associés se rencontrent dans une école de musique, deviennent amis et se font remarquer par Lata (oui, à gauche sur la photo) qui les fait connaître à plusieurs réalisateurs et paroliers. Ainsi commence une longue carrière, où Laxmikant compose en fonction des voix des chanteurs, tandis que Pyarelal se charge des orchestrations.
Après le décès de Laxmikant, Pyarelal se fait plus discret ; il a cependant réorchestré à la façon des années 1980 des chansons du récent Om Shanti Om de Farah Khan.

A voir (les musiques de ces films ont été récompensées) : Dosti (Amis, Satyen Bose, 1964), Milan (Rencontre, Adurthi Subba Rao, 1967), Amar Akbar Anthony (Manmohan Desai, 1977), Karz (Dette, Subhash Ghai, 1980).

mardi 6 octobre 2009

Compositeurs (1)

D'habitude, on va voir un film soit parce qu'on apprécie le metteur en scène, soit parce qu'on aime un acteur. Aujourd'hui je vous propose de voir des films pour leurs compositeurs, donc pour leur musique. Tous ces compositeurs ont été et restent des références pour les musiciens d'aujourd'hui. Ils ont travaillé pour les grands chanteurs dont les noms sont récurrents : Lata Mangeshkar, Asha Bhosle, Kishore Kumar, Mohd. Rafi...
Je commence par la belle période de l'âge d'or qui a vu naître les plus grands films indiens. En général, les bons musiciens attirent les bons réalisateurs et les bons acteurs ; les films mentionnés ne devraient pas vous décevoir.

S.D. Burman (1906-1975)
Sachin Dev Burman naît à Comilla (actuel Bengladesh) dans une famille de haut rang. Son père, aussi musicien et chanteur classique, lui fait donner une belle éducation musicale à Calcutta dans les années 1920.
C'est dans les années 1930 que S.D. Burman devient chanteur à la radio nationale, All India Radio (AIR) où ses compositions sont largement inspirées du folklore local bengali.
Une fois bien installé dans son répertoire à Calcutta, S.D. Burman part pour Bombay où sa réputation l'a devancé. Les sociétés de production, en particulier celle de l'acteur Dev Anand, Navketan, le choisissent de plus en plus souvent pour composer la musique de leurs films. Sa carrière dure jusqu'à son décès, tant la demande est forte.
A voir en particulier : Kaagaz Ke Phool de Guru Dutt, 1959, Guide de Vijay Anand, 1965, Kalapani de Raj Khosla, 1968.


Naushad (1919-2006)
Né à Lucknow (Uttar Pradesh), Naushad grandit imprégné de la forte culture musulmane de cette ville. Dès l'adolescence, il fait partie d'un orchestre (tabla, sitar, harmonium, violon) qui improvise de la musique sur les images de films muets dans un cinéma de sa ville. Il fait ensuite partie d'une troupe de musiciens qui parcourt le pays ; il se rapproche de nouvelles cultures qui vont l'influencer dans ses compositions.
A l'avènement du parlant, Naushad entrevoit les possiblités musicales de cette avancée technique mais doit quitter sa famille musulmane orthodoxe opposée à ses projets, pour se rendre à Bombay en 1937. Il compose un répertoire impressionnant de musiques de films de tous styles de 1942 à 2005.
A voir en particulier : Anmol Ghadi de Mehboob Khan, 1946, Baiju Bawra de Vijay Bhatt, 1952 (musique classique), Mother India de Mehboob Khan, 1957 (le classique des classiques indiens).

O.P. Nayyar (1926-2007)
Né à Lahore (actuel Pakistan) O.P. Nayyar est particulièrement connu pour ses musiques pleines d'entrain.
Dans les années 1950, son caractère plutôt anticonformiste lui vaut d'être banni de la radio d'Etat, All India Radio ; ce qui ne gêne en rien sa carrière de compositeur de musiques de films ; comme ses confrères, il est très demandé par les réalisateurs et les acteurs et très apprécié des chanteurs.
A voir en particulier : Aar Paar de Guru Dutt, 1954, Howrah Bridge de Shakti Samanta, 1958, Kashmir Ki Kali de Shakti Samanta, 1964.

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...