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lundi 11 février 2013

Vous connaissez Rashid Khan ?

Personnellement, c'est en faisant quelques recherches sur les vocalistes classiques indiens que j'ai découvert ce chanteur exceptionnel qui pourrait bien faire de l'ombre à Rahat Fateh Ali Khan s'il se laisse prendre par le cinéma.

En effet, Rashid  Khan, né en 1966 dans une famille de musiciens classiques et formé strictement par son oncle, donne son premier concert à l'âge de 11 ans avant d'intégrer l'Académie de Calcutta.
Remarqué par feu Bhimsen Joshi, il est effectivement devenu l'un des meilleurs chanteurs classiques actuels, qui a gagné entre autres le titre d'ustad.
Je ne m'étale pas sur sa carrière, il vaut mieux passer directement à ce qui nous intéresse.
Ecoutez voir ce thumri, présenté par Diya Mirza lors d'une soirée hommage à Jagjit Singh. Du beau monde dans la salle, Javed, Sonu...


Donc, un musicien classique. Mais il a aussi réalisé quelques play-back pour des films hindis. Vu les films, vous l'avez sûrement entendu sans savoir que c'était lui. Alors rendons à Rashid ce qui lui appartient, sa voix puissante et chaude.

Dans Mausam


Ou dans Jab We Met
Et dans My Name is Khan (ça tombe bien).

jeudi 17 janvier 2013

Shujaat Husain Khan & Kayhan Kalhor

Voici un nouvel épisode de la série musicale que nous écrit Jean-Luc. Aujourd'hui, il s'agit d'un duo de musiciens hors du commun, comme vous allez pouvoir l'entendre.


En 1997, les musiciens indien Shujaat Husain Khan (au sitar) et iranien Kayhan Kalhor (au kamanché), accompagnés de quelques autres musiciens, notamment Swapan Chaudhuri au tabla, ont formé un ensemble qu'ils ont appelé Ghazal.

Cette rencontre a donné naissance à la publication, sous ce nom de Ghazal, de trois enregistrements remarquables (sous le label Shanachie), portant  les beaux titres suivants :

*         As Night Falls on the Silk Road 
*         Lost Songs of the Silk Road 
*         Moon Rise Over the Silk Road

Ces trois enregistrements, qui témoignent du croisement des cultures le long de la route de la soie, portent le sous-titre, on ne peut plus approprié, s’agissant de ghazal, de Persian & Indian Improvisations.

En outre, l’enregistrement en public d’un concert donné à Berne en mai 2001, intitulé The Rain, a été publié sous le label ECM (belle devise : "le plus beau son après le silence").

Leur rencontre est un modèle d’intelligence dans le dialogue de deux brillants musiciens, de deux traditions qui historiquement ont engendré le ghazal et plus largement, une partie de la musique classique hindoustanie. 
Le miracle n’est pas seulement de voir réunis deux grands musiciens dans leur domaine, c’est plus encore de les entendre dialoguer aussi magnifiquement.

L’échange entre le sitar et le kamanché est de bout en bout somptueux. Et, lorsque Shujaat se met à chanter, alors , il n’y a plus qu’à fermer les yeux et à se laisser transporter… le long des routes de la soie.

Fire in my Heart extrait de Moon Rise Over the Silk Road


Fire à écouter sur le Tube


Eternity aussi sur le Tube


Traces of the Beloved



Alors que vient de disparaître le maestro Ravi Shankar, il faut souligner que Shujaat est le fils de l’autre légende du sitar indien moderne, Ustad Vilayat Khan, disparu en 2004. 
Avec Anoushka Shankar et Shujaat, Ravi Shankar et Vilayat Khan ont magnifiquement assuré le passage de relais pour maintenir une haute lignée de musiciens.

lundi 17 décembre 2012

Ravi Shankar (1920-2012)

Ravi Shankar passe les 10 premières années de sa vie à Varanasi auprès de sa mère, avant de partir en tournée avec la troupe de danse de son frère aîné, Uday Shankar.

Au début des années 1930 ils font des tournées en Europe (Paris en 1931 au Théâtre des Champs-Elysées) et aux Etats-Unis, voyages qui permettent à Ravi Shankar d'apprendre de nouvelles langues, de découvrir la musique, le cinéma et les mœurs occidentaux, et de pratiquer divers instruments de musique.

Bientôt, la Seconde Guerre mondiale marque la fin des voyages, aussi reste-t-il en Inde pour se perfectionner en musique classique auprès d'un gourou.
Sa formation se termine en 1944, date à laquelle il va rejoindre la Peoples' Theater Association à Delhi pour laquelle il compose des musiques de ballets.
De 1949 à 1956, le voilà directeur à All India Radio, où il continue de composer pour l'orchestre qu'il y forme.
Dans les années 1950 ses premières compositions pour le cinéma vont à Satyajit Ray et à sa trilogie d'Apu. Par la suite, il composera des musiques pour des films comme Anuradha (Hrishikesh Mukherjee, 1961) ou Gandhi (Richard Attenborough, 1982).

Très vite, il noue des contacts avec le monde occidental, en particulier avec le violoniste Yehudi Menuhin qui l'invite à jouer à New York. Ne pouvant répondre à cette offre, il envoie son joueur de tabla "tâter le public", qui l'accueille avec beaucoup de chaleur.
Devant cette découverte, il quitte la radio indienne et part en tournée en Europe et aux Etats-Unis en 1956, tout en instruisant son public sur les particularités de la musique indienne, puis enregistre des disques.
Considéré comme le premier musicien indien connu dans le monde occidental, il attire de nombreux groupes de variétés comme les Byrds, qui enregistrent dans le même studio que lui, puis les Beatles, en particulier George Harrison qui fut son élève de sitar en Inde.
On le retrouve au Festival de Monterey en 1967, puis à Woodstock en 1969. Mais cette dernière expérience finit par l'éloigner du mouvement hippie.
Le début des années 1970 est très dense avec des invitations pour divers événements, des concerts et tournées que Ravi Shankar doit ralentir après une crise cardiaque en 1974.


Après une nouvelle période de travail acharné et de voyages pendant une quinzaine d'années, il connaît au début des années 1990, de nouveaux problèmes cardiaques, et passe à un nouveau rythme de vie : relais de ses projets à George Harrison avec lequel il est toujours en relation, écriture d'une autobiographie, enseignement du sitar à sa fille Anushka avec laquelle il reprend les concerts au début des années 2000, sans jamais cesser de composer.
Leur dernier concert ensemble remonte à novembre 2012 à Long Beach, Californie.
Récompenses et décorations dans le monde entier sont son lot courant tout au long de sa vie.
La France l'a décoré de la Légion d'honneur.

mardi 21 juin 2011

Fête de la Musique 2011 : un peu de classique indien

Pour ceux qui n'auraient pas lu mon texte avant que je le modifie, j'ai dû recommencer tout le post d'aujourd'hui ce matin car une fausse manœuvre l'a évaporé hier soir. 
Il est facile de retrouver les vidéos, en revanche, je n'ai pas réécrit de textes, mais je vous ai indiqué les liens vers Wikipedia en anglais (certains sont aussi traduits en français, mais comportent moins d'informations). 
Je n'ai toujours pas progressé en technique musicale indienne, je me suis simplement laissée aller au feeling. Espérons que nous aurons parfois le même !


Je vous refais quand même une petite intro générale : la plupart des artistes que je vous présente font partie de lignées de musiciens sur plusieurs générations et sont considérés comme maître (pandit) dans leur art ; tout se passe souvent de père en fils (sauf pour Ravi Shankar qui a transmis à sa fille Anoushka).
Ces chanteurs, chanteuses, musiciens et musiciennes ont montré leur don à un très jeune âge, donnent maintenant des concerts dans les grands théâtres du monde entier et jouent souvent avec des musiciens occidentaux.
Mon but ici n'est pas de faire une anthologie de la musique classique indienne, mais de vous donner des pistes pour trouver ce qui vous plaît. Enjoy !

Shujaat Hussain Khan (1960-) Sitariste et chanteur
L'un des fils du célèbre sitariste Vilayat Khan qui a travaillé avec Sayajit Ray pour Le Salon de musique, entre autres.


Et un autre morceau pour vous endormir ce soir : une chanson penjabie de son enfance, en compagnie de  Kayhan Kailhor, son partenaire iranien joueur de kamanché (vièle). Ils ont formé un groupe nommé Ghazal.



Bombay Jayashree. Chanteuse carnatique


Ganesh et Kumaresh. Frères violonistes carnatiques


Bade Ghulam Ali Khan (1902-1958) Chanteur hindoustani.
A interprété, entre autres, seulement 2 chansons de play-back pour Mughal-E-Azam (la voix du personnage de Tansen, musicien officiel de la cour d'Akbar). En voici une, dans la version colorisée de 2004.







Vous pouvez vaquer à vos occupations tout en écoutant ce morceau du Bengali Debashish Battacharya, pionnier de la guitare slide indienne, intitulé Digi Digi Dom Dom, et si joliment interprété par sa sœur, Sutapa (il n'existe pas de vidéo sur YT). Un jour, ça sera du classique !

FIN DE LA PAUSE, LES ENFANTS !

Zakir Hussain (1951-) Joueur de tabla


Et un supplément court et époustouflant à aller écouter sur ce site

Hariprasad Chaurasia (1938-) Flûtiste bansuri hindoustani
Pour le concert du millénaire. Parmi les spectateurs, Javed Akhtar et son épouse Shabana Azmi. Sonu Nigam qui attend au micro.



Bhimsen Joshi (1922-2011) Chanteur hindoustani (né dans le Sud au Karnataka !)



Bismillah Khan (1916-2006) Joueur de shehnai hindoustani


Un autre extrait de meilleure qualité, sur le Gange à Bénarès


Girija Devi (1929-) Chanteuse hindoustanie de Bénarès


Ravi Shankar (1920-) Sitariste



Et pour terminer, je vous rappelle le post dédié au ghazal où vous retrouverez de nombreux exemples de cet art.
A bientôt pour d'autres aventures musicales !

jeudi 3 février 2011

Petite histoire du ghazal

Poème d'Amir Khusrau
(d'après Wikipedia)
Je vous ai concocté une petite histoire du ghazal, d'après un article fort bien fait sur Internet par un musicien et compositeur belge flamand, féru de musique classique indienne, Hans Vermeersch. 
Son article est plus complet que le mien !

Etant béotienne en la matière, je me bornerai donc à des points qui excluent toute connaissance de l'ourdou et des règles de la musique hindoustanie (ragas), car on peut aimer écouter des ghazals, simplement pour leur musique, pour le son des paroles et pour le chanteur.

Le ghazal est originellement une forme de poème romantique qui apparaît en Perse au Xe siècle (la musique n'est arrivée que plus tard).
Comme tout poème, il obéit à des règles très strictes de composition (rimes, nombre de strophes, de pieds...)
Son thème est l'amour inaccessible et la douleur qui s'ensuit. Fortement influencés par les mystiques soufis, ces poèmes expriment souvent l'amour d'Allah.
Le nom du poète est intégré dans le dernier vers, comme une signature.
Sa compréhension était initialement réservée à une élite intellectuelle.
Mais les temps ont bien changé, vous le verrez plus loin.



Ce genre littéraire, qui arrive en Inde avec les invasions mogholes du
XIIe siècle, va toucher non seulement le Nord, mais aussi le Sud, quand les Moghols y imposent leur loi.
Les XVIIIe et XIXe siècles marquent la période florissante du ghazal, dont les principaux centres sont alors Delhi et Lucknow.
 
La musique et le chanteur, qui vont donner une nouvelle dimension aux écrits, apparaissent au XIIIe siècle avec Amir Khusrau (1253-1325), mystique soufi, poète et musicien légendaire qui aurait inventé des styles musicaux encore vivants, comme le qawwali et le khyal. 


Le poète Mirza Ghalib
Le poète le plus connu en Inde est sans doute Mirza Ghalib (1797-1869).
Un film lui a été consacré, Mirza Ghalib, réalisé par Sohrab Modi en 1954, avec Bharat Bushan, Suraya et Nigar Sultana, et une série télé avec Naseeruddin Shah. Rien que pour la musique d'intro et la belle voix parlée de Naseer.


Il existe des poètes ourdous contemporains, qui ont œuvré ou œuvrent encore, entre autres pour le cinéma, tels Kaifi Azmi (1919-2002, père de Shabana Azmi), Sahir Ludhianvi (1921-1980), qui a écrit les paroles de nombreuses chansons des années 1950 à 1970), Gulzar (1936-) ou Javed Akhtar.


Avec le cinéma, les poèmes évoluent en même temps que la musique : mélodique dans les années 1950-1960, ils intègrent les rythmes populaires à partir des années 1970, pour devenir accessibles à un plus grand nombre, grâce au chanteur de play-back Talat Mahmood, entre autres.


Sur scène, le chanteur de ghazal, qui s'identifie au poète, se sert souvent d'expressions corporelles comme les mimiques du visage et les gestes des bras, tout en utilisant son harmonium dont la pompe est actionnée à la main. Généralement, les grands chanteurs comme Ghulam Ali et Jagjit Singh ont eux-mêmes composé leur musique sur les poèmes anciens.


Les dignes représentants de cet art chanté, qui se situe à divers niveaux, se trouvent toujours au Pakistan et en Inde. 
Parmi eux, citons les Pakistanais Ghulam Ali et Mehdi Hassan ; ce dernier ne chante plus, mais on trouve ses CD (à Paris, en tout cas). 
Les chanteurs indiens de ghazals sont, au nord, Jagjit Singh et Pankaj Udhas. Au sud, c'est surtout Hariharan (aussi chanteur de play-back) à la voix enchanteresse, mais à la vidéo de mauvaise qualité !


N'oublions pas quelques chanteuses de ghazal du Pakistan : Iqbal Bano (1935-2009), Farida Khanum (1935-) et Abida Parveen (1954-).
Tous les chanteurs et chanteuses nommés ci-dessus comptent de nombreux ghazals sur YouTube.


Enfin, il existe une radio spécialisée sur Internet : Ghazal Radio qui passe des ghazals 24 heures sur 24. Seul hic, je n'ai pas réussi à trouver les noms des chanteurs que l'on entend. Mais vous devez être plus malins que moi !
P.S. du 10 février : la radio a amélioré sa présentation, les titres et les chanteurs sont maintenant précisés !

mercredi 30 décembre 2009

Chant carnatique

Nithyasree Mahadevan, vocaliste du Sud interprète un chant carnatique, accompagnée d'un violon, d'un mridangam (tambour à 2 faces), d'une tanpura et d'un instrument de bouche dont je ne connais pas le nom. Sorry !

mercredi 4 novembre 2009

Le ghazal

La gazelle ? Non, le ghazal !
A l'origine, genre littéraire persan que l'on retrouve aussi en Asie centrale et en Inde, le ghazal est un poème d'amour souvent mis en musique.
Comme rien ne vaut une démonstration, j'ai dégoté un extrait d'émission de télévision du Kerala (Inde) retransmise par la chaîne Asianet, qui émet sur l'Asie du Sud et du Sud-Est.
Le candidat est donc originaire du Kerala, dont les côtes ont connu, entre autres, le passage des marchands arabes qui y ont laissé leur empreinte. C'est pourquoi il n'est pas étonnant d'y trouver des chanteurs de ghazal.
Le Père Noël a l'air d'apprécier !

mercredi 26 août 2009

Ravi de vous entendre

Né en 1920 à Bénarès, Ravi Shankar fait partie des musiciens indiens les plus connus dans le monde.
Certains (dont J.J.) se souviennent sûrement de la période indienne des Beatles vers 1968. Ce fut alors Ravi Shankar qui donna des cours de sitar à George Harrison, comme vous allez le voir.


Maintenant, Ravi Shankar fait toujours des tournées, un peu moins nombreuses, bien sûr, et se fait accompagner par sa fille Anoushka dont il est le guru. Les voici...

vendredi 14 août 2009

Maestros du classique indien

Dans cette vidéo qui doit dater au moins d'une vingtaine d'années, s'illustrent deux des plus grands musiciens de musique hindoustanie (du nord de l'Inde), toujours en activité.
Nous avons eu plusieurs fois le plaisir d'écouter la légèreté de la flûte de bambou de Hariprasad Chaurasia (1938) au Théâtre de la Ville à Paris, auquel il rend régulièrement visite.
C'est Zakir Hussain (1951) qui l'accompagne ici aux tablas. Considéré comme l'un des plus grands percussionnistes de sa génération, il donne des concerts à travers le monde avec de fameux solistes indiens comme Ravi Shankar (sitar) ou Shivkumar Sharma (sintoor).
Si cette musique vous plaît, il existe un concert de 90 minutes sur Youtube.


jeudi 30 juillet 2009

Qawwali et qawwali

Aujourd'hui, je vous montre deux qawwali (chants soufis du nord de l'Inde et du Pakistan) ; l'un traditionnel, pur et dur, l'autre à la façon du cinéma hindi.
Je commence par le vrai qawwali traditionnel chanté par le plus grand chanteur de qawwali qui ait existé, Nusrat Fateh Ali Khan (1948-1997) dont l'art dépassait le simple chant et avait une portée philosophique.


Le second qawwali est l'un des plus connus du cinéma hindi ; il est tiré d'Amar Akbar Anthony.
J'ai parlé de ce film dans les années 70 d'Amitabh Bachchan.
On voit un peu Big B, en blouson rouge, dans cette chanson dont Rishi Kapoor, qui interprète le chanteur Akbar, est le personnage principal. La belle voilée, Neetu Singh, allait devenir son épouse 2 ans plus tard.

lundi 27 juillet 2009

Raghunath Manet, un artiste de Pondichéry

Originaire de Pondichéry, Raghunath Manet est un artiste complet qui aime faire connaîre les arts de son Sud.
Dans la vidéo qui suit, vous pourrez apprécier un pêle-mêle de ses dons de joueur de veena, de chanteur de syllabes rythmiques, de chorégraphe et danseur de bharata natyam. Originellement, cette danse était réservée aux femmes, peu de danseurs ont été formés dans cette forme artistique. Raghunath Manet est un maître dans tous les arts où il officie ; il organise des Master Class en Europe et fait régulièrement des tournées en France avec sa troupe.

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