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samedi 13 juin 2009

Rahman Mania : Bombay (1995)

Bombay fait partie de la trilogie sur le terrorisme de Mani Ratnam.
Dans cette scène, tournée dans le palais de Tirumalai Nayak à Madurai, le héros hindou, qui a perdu de vue la jeune musulmane dont il est tombé amoureux, la retrouve dans les préparatifs d'une fête. Sa sœur le met en garde, sans un mot, contre une éventuelle relation mixte.
Photographie, musique et chorégraphie forment un ensemble représentatif du savoir-faire de Mani Ratnam, un Sudiste qui s'est fait une place à Bombay.
Réalisateur : Mani Ratnam (voir hier)
Héroïne : Manisha Koirala,
Héros : Arvind Swamy (les héros du Sud portent souvent la moustache)
Compositeur : A.R. Rahman
Chanteuse : Chitra
Chorégraphes : Prabhu Deva, Raju Sundaram

vendredi 12 juin 2009

Familles du cinéma indien : les Ratnam-Haasan

De g. à dr. : Mani Ratnam, Suhasini, Kamal Haasan, Sarika

Mani Ratnam (1956)
Né au Tamil Nadu dans une famille vouée au cinéma, il fit des études de management avant de d'affûter ses premières armes sur les plateaux en 1983. Malgré des débuts peu remarqués, il persévéra et connut enfin le succès en 1986 avec Mouna Ragam où il présente d'une nouvelle façon les rapports dans un couple. Ses films suivants s'intéressent à la pègre (Nayakan) à la corruption (Iruvar) ou au handicap (Anjali).
Il réalise une trilogie sur le terrorrisme (Roja, Bombay, Dil Se) où il fait connaître un nouveau compositeur du Sud, A.R. Rahman (2 oscars pour Slumdog Millionaire), et continue à peaufiner son langage et la cinématographie avec Santosh Sivan et Rajiv Menon, cameramen du Sud eux aussi.
Nombre de ses films ont été doublés en plusieurs langues indiennes et même re-tournés par lui-même en hindi avec des acteurs de Bombay (Yuva).

Suhasini (1961)
La nièce de Kamal Haasan est devenue l'épouse de Mani Ratnam en 1988.
Associée dans les Madras Talkies, l'entreprise de production de son époux, elle a aussi beaucoup tourné et obtenu un National Award pour son interprétation dans Sindhu Bhairavi. Ses talents l'ont aussi menée vers le design de costumes, la coiffure, le maquillage, l'écriture et la réalisation de film (Indira). Quelle famille !

Kamal Haasan (1954)
Cet acteur-réalisateur né au Tamil Nadu, et parlant plusieurs langues indiennes, est sans doute le cinéaste le plus récompensé dans le Sud. Extrêmement doué, puisqu'il est aussi scénariste, chanteur, danseur de bharata natyam et producteur, il a tendance à en faire un peu trop dans ses interprétations, c'est du moins mon avis.
Cependant, certains de ses films sont inévitables : Moondram Pirai (1982, avec Sridevi), Saagar (1985, avec Dimple Kapadia et Rishi Kapoor), Nayakan (1987 avec Saranya), Indian (1996, avec Manisha Koirala), Hey Ram (2000, avec SRK et Rani Mukherji). Il s'agit de films à thème pour la plupart (hormis Saagar), ayant souvent un rapport avec l'histoire récente de l'Inde.
Dans son dernier film, Dasavatharam, il interprète dix rôles, dont celui du président Bush. J'ai dit mégalo, moi ?

Sarika (1962)
La seconde épouse de Kamal Haasan commença à tourner alors qu'elle n'avait que 5 ans. Dans les années 1980 elle jouait les vamps européennes (elle a un teint et des yeux très clairs), et se retira de la scène après son mariage avec Kamal Haasan en 1988 qui se transforma rapidement en séparation.
Elle reçut un Filmfare pour ses costumes dans Hey Ram (les deux épouses de Kamal Hasaan lui réalisaient ses costumes...), et un National Award pour son interprétation dans Parzania en 2005. Elle continue de tourner, dans des rôles qui ne sont pas si secondaires.

jeudi 11 juin 2009

Héroïnes du cinéma hindi : les années 30

La plupart des films indiens sont centrés sur les personnages masculins (hormis dans le cinéma bengali) ; souvent, les héroïnes ont moins de texte que les héros, et leur personnages sont plus stéréotypés. Cependant, quelques actrices avec plus de talent - ou plus de caractère - ont réussi à interpréter des rôles qui échappent aux normes établies. En voici quelques-unes.

Devika Rani
C’est en 1931 que fut produit le premier film parlant, Alam Ara. Sur cette lancée, on introduisit petit à petit des chansons et des ballets dans les films ; cette période d'ébullition vit l’apparition de nouveaux studios de production dont les Bombay Talkies créés par Himanshu Rai et son épouse Devika Rani. Cette ravissante actrice hors norme interpréta dans Achut Kanya le rôle osé d’une intouchable amoureuse d’un brahmane. Dans Karma, elle embrassait son mari et partenaire pendant 4 minutes, ce qui souleva un tollé général parmi les bien-pensants, mais lui assura la gloire.
Après la mort prématurée de son époux, elle prit les rênes des Bombay Talkies, mais lâcha la compagnie après le départ de nombreux membres, puis se maria avec un peintre russe avant de s’installer à Bangalore.
Sa carrière exceptionnelle fut couronnée par un Dadasaheb Phalke Award en 1970. Elle mourut à Bangalore en 1994.

Mary Ann Evans, dite Fearless Nadia
Née en Australie en 1908, elle arriva en Inde à l’âge de 5 ans avec son père, soldat dans l’armée britannique, et sa mère actrice de théâtre et danseuse grecque. Ça commence bien !
Suivant le régiment de son père, la petite Mary apprit à monter à cheval, puis, s’installant à Bombay, suivit des cours de danse classique.
Dans les années 1930, elle commença des tournées théâtrales puis fut engagée dans un cirque sous le nom de Fearless Nadia (intrépide Nadia) sur les conseils d’une diseuse de bonne aventure. Elle tourna ensuite de nombreux films pour les studios Wadia, spécialisés dans les films d’action qui lui valurent le surnom de Reine de la cascade. L’un de ses plus grands succès fut Hunterwali en 1935 où on la voyait un fouet à la main, habillée de pantalons et de hautes bottes qui restèrent sa marque de fabrique.
Elle était amoureuse de Homi Wadia, frère de son producteur, mais ne put l’épouser qu’au début des années 1960, après la mort de la mère de Homi, parsie orthodoxe opposée à ce mariage...

Shobhana Samarth
Elle débuta pendant les premières années du parlant dans les années 1930, mais c’est surtout un film des années 1940, Ram Rajya, qui lui apporta la vénération du public, car elle y jouait la déesse Sita. Contrairement aux autre actrices, sa carrière se développa après son mariage et sa vie privée défrayait la chronique ; après s’être séparée de son époux, elle eut une liaison avec l’acteur Motilal, au vu et au su de tous.
Elle produisit elle-même Hamari Beti, le premier film de sa fille Nutan, qui allait connaître une carrière exceptionnelle.

Naseem Bano
La fille de la célèbre chanteuse de play-back, Shamshad Begum, avait tout pour réussir, en particulier une volonté de fer contre sa famille et un physique qui attirait les offres de tournages. Grâce au classique de Sohrab Modi, Pukar, elle connut la gloire du jour au lendemain en 1935. Elle poursuivit sa carrière jusque dans les années 1950 et se retira pour former sa fille Saira Bano au métier d’actrice. Saira fera une brillante carrière et épousera la superstar Dilip Kumar.
Tous deux sont encore vivants... et mariés !

Durga Khote

Sa carrière s’étendit sur une cinquantaine d’années, pendant lesquelles elle fut non seulement actrice, mais aussi productrice et réalisatrice.
A partir de Amar Jyoti en 1937, on la rechercha pour les rôles de femmes au caractère fort. Elle joua dans plus de 200 films, avec une prédilection pour les films historiques parmi lesquels le célèbrissime Mughal-E-Azam.
Vous avez répondu au sondage d'hier ?

mercredi 10 juin 2009

Expo Raj Kapoor : choisissez l'affiche !

Et voilà le dilemme !
Après recherche, sélection, prise de vue, retouche et mise en page, nous nous retrouvons avec 2 affiches et nous ne savons pas laquelle choisir. Ce même visuel se retrouvera sur le catalogue et l'invitation.
Aussi, en ultime recours nous sollicitons votre avis.
Vous connaîtrez le résultat, bien sûr !

mardi 9 juin 2009

Ciné-club : Satyajit Ray

Le cinéaste Satyajit Ray (1921-1992), sans doute le réalisateur indien le plus connu dans le monde occidental, est né à Calcutta dans une famille  d'artistes de la classe moyenne. Après des études à Calcutta et à Santiniketan (chez Tagore) où il s'initie aux arts graphiques, il devient directeur artistique à Calcutta.
Sa rencontre avec Jean Renoir, dont un de ses amis fut chef décorateur pour le tournage de son film Le Fleuve en Inde, et ses voyages professionnels à Londres, qui lui font découvrir entre autres le cinéma néoréaliste italien, le décidèrent à se lancer dans la réalisation de films - ainsi que dans la composition de musique et dans l'écriture.
Il mit plusieurs années à réaliser son premier film, Pather Panchali (La Complainte du sentier, 1955) qui obtint de nombreux prix. Contrairement à ses collègues indiens, il n'utilisait pas les séquences chantées et dansées - encore un concept, celui du cinéma parallèle, qui le rapproche de l'Occident. Les sujets abordés portent essentiellement sur les rapports humains, traités d'une façon universelle.
Il a ainsi gagné sa place parmi les grands maîtres du cinéma international.

La trilogie d'Apu
A travers 3 films, Satyajit Ray nous montre avec une grande humanité le parcours initiatique d'Apu depuis l'enfance dans son village jusqu'à l' âge d'adulte dans la ville.
La trilogie a vu 4 acteurs différents pour le rôle d'Apu, dont Soumitra Chaterjee dans son premier film, Apur Sansar. Il joua ensuite dans près de la moitié des films de Satyajit Ray. C'est Ravi Shankar, le célèbre sitariste, qui composa la musique des trois films.
Notre avis : 3,5/5

La trilogie se compose chronologiquement de Pather Panchali (La Complainte du sentier, nb, 1955, prix du document humain à Cannes, et prix du meilleur film étranger dans plusieurs festivals du monde), Aparajito (L'Invaincu, nb, 1956, Lion d'or à Venise), et Apur Sansar (Le Monde d'Apu, nb, 1959, récompensé en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis).
Ces trois films ont été édités avec sous-titres français. On les trouve généralement en coffret dans les grandes surfaces culturelles ou sur Internet. Leur durée est plus courte que celle des films hindis (entre 105 et 120 minutes par film)


Jalsaghar (Le Salon de musique, nb, 1958)
Un aristocrate terrien bengali du début du xxe siècle ne vit que pour la musique ; son plaisir consiste à organiser des concerts de musique et des représentations de danse dans son palais.
La mort accidentelle de son fils et de sa femme le plongent dans une période de méditation sur sa splendeur passée. Perclus de dettes et aiguillonné par ses voisins nouveaux riches, il décide de donner une dernière fête dans son salon de musique, avant de mourir accidentellement.
Ce drame où la nostalgie est presque un personnage, est superbement illustré par des séquences vocales et instrumentales de musique hindoustanie composées par Vilayat Khan - qui reçut un prix au festival de Moscou - où apparaissent de grands artistes des années 1950.
Héros : Chhabi Biswas
Compositeur : Vilayat Khan
Chanteuse : Begum Akhtar
Notre avis : 4,5/5

Mahanagar (La Grande Ville, nb, 1963)
A Calcutta, une famille élargie composée d'un couple, de deux enfants et des parents du mari, rencontre des problèmes financiers. Pour y remédier, le mari demande à son épouse de trouver un travail. Les parents, hindous orthodoxes, sont outrés par ce dédain des traditions. La femme trouve un poste de vendeuse de machines à coudre au porte-à-porte - et commence à aimer son indépendance financière et l'ambiance du groupe féminin dont elle fait partie. Quand son mari perd son travail, c'est sur ses épaules que repose le bien-être de la famille ; les attitudes changent.
Satyajit Ray montre les contradictions qui existent au Bengale au début des année 1960 quand tradition et modernité s'opposent à l'intérieur d'une même famille. La femme est interpétée par une des actrices préférées de Ray, Madhabi Mukherjee, aussi héroïne de Charulata. On découvre ici Jaya Bhaduri, future épouse d'Amitabh Bachchan, dans son tout premier rôle.
Le film fut récompensé par l'Ours d'argent à Berlin.
Héroïne : Madhabi Mukherjee
Héros : Anil Chatterjee
Compositeur : Satyajit Ray
Notre avis : 4/5


Nayak (Le Héros, nb, 1966)
Un acteur prend le train pour aller recevoir un prix d'interprétation à Delhi. Pendant le trajet, il rencontre une journaliste qui va l'interviewer : incidemment, il va lui avouer ses secrets les plus profonds. Arrivés à destination, l'acteur retourne à sa vie de star et la journaliste à la sienne.
Ce film rassemble deux grandes vedettes bengalies, Sharmila Tagore qui tournera aussi à Bombay, et Uttam Kumar qui connut une carrière de plus de 30 années.
Le film fut récompensé d'un National Award en Inde, et d'une mention spéciale à Berlin.
Héroïne : Sharmila Tagore
Héros : Uttam Kumar
Compositeur : Satyajit Ray
Notre avis : 3,5/5


Et aussi : Teen Kanya, Trois Filles, nb, 1961, Kanchangjungha, coul., 1962, Charulata, nb, 1964, Shatranj ke Khilari, Les Joueurs d'échecs, coul. 1977

lundi 8 juin 2009

Rama Vaidyanathan au musée Guimet

Nous l'avions déjà appréciée en décembre 2003 à Chennai ; c'est avec plaisir que nous l'avons revue hier à l'auditorium du musée Guimet. Rama Vaidyanathan est danseuse-chorégraphe de bharata natyam (danse classique du sud de l'Inde) et compte parmi les plus grandes dans son pays.
Vêtue du traditionnel habit plissé, elle nous raconte avec grâce maintes histoires dont le héros invisible est Krishna, le dieu polisson qui joue de la flûte pour séduire les bergères.
Ses chorégraphies, proches des principes fondamentaux de la danse classique indienne, glissent vers une vision plus moderne de cet art.
Une vidéo vous en parlera mieux que moi.

dimanche 7 juin 2009

La photo de la semaine - Mani Bhavan, Bombay

© Bollymages - Mani Bhavan, octobre 2004

Cette petite maison d'un quartier tranquille de Bombay appartenait à un ami de Gandhi. A chaque passage, c'est ici qu'il séjournait et travaillait. La maison devint même le quartier général d'où il lança ses mouvements de stratégie économique, de non coopération et de non-violence.
Depuis 1955, la maison est devenue un musée, simple mais instructif, où la vie de Gandhi est retracée par des photos et ses objets de la vie quotidienne.

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