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jeudi 17 novembre 2011

Les dabbawallah de Bombay

Collecte des gamelles
A Bombay, il existe une corporation unique, celle des dabbawallah, les livreurs de gamelles de déjeuner.
La Mumbai Tiffin Box Supplier's Association remonte au XIXe siècle quand les Britanniques qui ne supportaient pas la nourriture indienne se faisaient livrer la nourriture du foyer.

Aujourd'hui, les clients ont bien sûr changé : en effet, lorsqu'on habite en banlieue et que l'on travaille à Bombay, le temps de transport est long, on ne rentre pas déjeuner chez soi.
Pour ne pas dépenser de l'argent inutilement au restaurant, nombre d'employés se font livrer au bureau leur déjeuner cuisiné à la maison (ce qui ne laisse aucun doute sur la caste de la personne qui a cuisiné). Les mères font également livrer leurs repas aux enfants à l'école par les dabbawallah.

La quasi-totalité de la corporation est composée d'hommes (pas de femmes) de la banlieue de Bombay qui font une tournée matinale à bicyclette pour collecter les gamelles cuisinées par les épouses dont le mari travaille à Bombay, ou par des traiteurs.

Codage des gamelles
Les livreurs ont un point de rassemblement central, et grâce à la densité des lignes de banlieue, les gamelles prennent le train dans la voiture de fret, revêtues d'un symbole et d'un chiffre qui précisent la gare d'arrivée et l'immeuble de livraison.
Il faut noter que les livreurs sont souvent illettrés, mais que ce manque de connaissances est largement compensé par une organisation des plus efficaces prise pour exemple dans les écoles de commerce indiennes.
Aux alentours de midi, le spectacle de centaines de livreurs à la calotte blanche sortant de la gare de Churchgate à Bombay pour livrer la nourriture est tout à fait spectaculaire. Ici les dabba sont réparties et livrées par une autre équipe qui prend le relais.

Livraison des gamelles
Chaque jour, 175 000 à 200 000 dabba sont distribués par 4500 à 5000 livreurs, avec de longs chariots. Rares sont les gamelles qui atterrissent sur un mauvais bureau ou arrivent en retard.

Signe des temps, depuis quelques années, les dabbawallah livrent avec la gamelle le mobile ou le dossier oubliés le matin à la maison...

Enfin, le dabbawallah récupère ses gamelles vides pour les rapporter le même jour à leurs propriétaires, car le bénéficiaire du déjeuner ne rapporte pas la gamelle à la maison. A chacun son travail ! Ce service coûte 200 roupies par mois (3 €).
Un dabbawallah gagne de 2000 à 4000 roupies par mois (30 à 60 euros), et travaille par tout temps (imaginez les mois de mousson).

mercredi 12 octobre 2011

La corruption en Inde

Ces derniers mois, le gouvernement indien a dû affronter un phénomène populaire contre la corruption, à cause  d'un homme.

En effet, Anna Hazare, 74 ans, activiste tendance gandhienne a rameuté les foules en entamant plusieurs jeûnes pour obliger le gouvernement à faire avancer le texte d'une loi anticorruption qui soit applicable jusqu'au plus haut niveau, c'est-à-dire jusqu'au Premier ministre.
Ses 2 jeûnes ont soulevé une vague de soutien, de manifestations et de prières dans toute l'Inde.
Par deux fois, le gouvernement a plié, disons symboliquement, en formant un conseil d'étude pour cette loi qui dort dans les tiroirs depuis 40 ans. Oui 40 ans !

La corruption est en effet devenue un mode de vie, depuis le petit fonctionnaire mal payé jusqu'au ministre.
Tout quidam doit un jour souffrir de ce mal pour obtenir ce qui lui est dû : bakshish pour faire installer l'électricité plus vite, pour obtenir un papier officiel, pour s'inscrire dans une école...

La prise d'intérêt illégal est aussi monnaie courante, c'est le cas de le dire, à un niveau beaucoup plus élevé.
Les derniers scandales en date ont sans doute eu raison d'une population, surtout d'une jeunesse, excédée par les scandales à répétition depuis un an.
Ainsi en 2010, l'attribution de la licence 2G à un opérateur inconnu pour un prix dérisoire a contraint le ministre des Télécommunications à démissionner. Où est passé le bakshish ?

Toujours en 2010, le comité d'organisation des Jeux du Commonwealth, qui se déroulaient à Delhi, a été soupçonné d'être corrompu par des entrepreneurs désirant se voir attribuer des chantiers, entrepreneurs qui n'ont respecté ni les délais ni les normes de construction, ni les lois sociales (ouvriers mal rémunérées pour un un nombre d'heures excessif).

D'autres scandales touchent le monde du cricket (en particulier l'IPL), de l'immobilier (attribution non conformes de logements prétendument réservés aux soldats de la guerre de Kargil), des aides alimentaires (les fonctionnaires revendent les céréales pour leur compte).

L'argent des pots-de-vin, qui représente d'énormes sommes, dormirait dans les banques suisses !

Selon l'ONG Transparency International, sur 178 pays, les pays les moins corrompus en 2010 sont le Danemark, la Nouvelle-Zélande et Singapour à la 1re place. L'Inde est à la 87e place, et la France en 25e position des bons elèves. On a aussi du ménage à faire à la maison !

jeudi 6 octobre 2011

Le seuil de pauvreté en Inde

Une bataille se joue sur le montant du seuil de pauvreté en Inde ; réétudiés en septembre 2011 à la demande de la Cour suprême après les récentes inflations des produits de base, les chiffres de la Commission économique au plan sont contestés par les experts et se situent sous le seuil fixé par la Banque mondiale.

Les enjeux pour l'Inde sont importants car ce seuil détermine qui peut bénéficier des plans d'aide sociaux.
Ainsi, la barre est maintenant fixée par jour à 25 roupies (0,38 euro) à la campagne, et à 32 roupies (0,48 euro) en ville.
La Commission économique estime que toute personne vivant avec un salaire supérieur à ces chiffres peut subvenir à ses besoins en nourriture, éducation et santé...

Les experts voient dans ces chiffres, bien inférieurs à 0,91 euro fixé par la Banque mondiale, une façon de diminuer artificiellement le nombre de pauvres, et de minimiser par la même occasion, l'aide sociale. 

Selon la Commission au plan, près d'un tiers de la population, soit 360 millions de personnes, bénéficient actuellement de l'aide alimentaire.
D'après un article du Monde.

lundi 12 septembre 2011

Changer de nom


Voici la synthèse d'un article du site breakingnewsindia d'avril 2011,
qui m'a paru fort intéressant.
Entre superstition et problème social, des milliers d'Indiens modifient leur nom chaque année.

En Inde, changer de nom n'est pas une simple marotte comme le montre le désir de dizaines de milliers de personnes au Maharashtra, par exemple.
D'avril 2009 à mars 2010, 131.000 personnes ont demandé de changer de nom.

Le coût de cette opération s'élève à 120 roupies (environ 2 euros), mais la procédure rapide, souvent demandée, coûte 620 roupies (environ 10 euros). Ces sommes peuvent nous paraître dérisoires, mais 10 euros, ça commence à compter pour l'homme de la rue.

Parmi les demandeurs, on trouve une population très variée qui veut changer de nom pour gagner plus d'argent, habituellement après consultation d'un numérologue.

Le plus souvent, il s'agit d'hommes d'affaires qui doivent supprimer ou ajouter une lettre. "J'ai rencontré de gros problèmes financiers pendant la récession, dit l'ex-Abhinav Kumar. Mon numérologue m'a conseillé d'ajouter un "n" à mon prénom. Les affaires d'Abhinnav se sont améliorées... grâce au numérologue ou à la reprise ?

Les personnalités du spectacle, qui recherchent plus de succès, sont aussi de bons clients des numérologues. Voici quelques nouveaux noms, qui ne vous ont sans doute pas échappé : Viveik Oberoi, Suniel Shetty, Sonu Niigaam, Ajay Devgn... J'en vois d'autres qui devraient tenter le coup !

La seconde raison qui pousse à changer de nom est sociale : il s'agit d'ajouter une lettre, ou même de changer son nom de famille pour qu'on ne reconnaisse plus la caste à laquelle on appartient. "Dès que je donnais mon nom, tout le monde savait que j'étais un dalit (intouchable), et les gens me laissaient à part. Maintenant, je suis redevenu un être humain."

"Mon prénom était Avinash (indestructible), témoigne Ankit Joshi, mais on m'appelait souvent Vinash, ce qui signifie le contraire (donc, ça porte malheur, ndlr). Quand j'ai vu mon nouveau prénom dans la Gazette (journal Officiel), c'était comme une renaissance".
Il ajoute : "Il vaut mieux changer son nom avant la fin des études pour que les diplômes et les papiers scolaires portent votre nouveau nom."

Dans la catégorie des changements "sociaux", on trouve aussi ceux qui ont des noms péjoratifs et qui ne peuvent plus supporter les quolibets.

Le nouveau nom paraît officiellement dans la Gazette un mois après la demande. Une copie de cette publication servira à faire changer tous les documents officiels. Bon courage !

Petit rappel : l'expo Paris-Delhi-Bombay du Centre Pompidou se termine le 19 septembre !


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