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jeudi 16 octobre 2014

Ae Ishq Hamein, un superbe ghazal

Jean-Luc est de retour avec plusieurs versions d'une même composition. Cette fois, il s'agit d'un ghazal.


Je vous présente aujourd’hui un magnifique ghazal, l’un de mes préférés, Ae Ishq Hamein.

Je vous le propose en deux versions, bien différentes, mais toutes deux très intéressantes.

D’abord, la version de référence de ce ghazal, celle de la chanteuse pakistanaise Nayyara Noor, grande spécialiste du genre.

L’accompagnement au violon renforce la couleur poignante du chant et de la mélodie, tonalité de bien des meilleurs ghazals.






et maintenant, en live, la prestation émouvante de Nayyara !



Ensuite, une version folk guitare-voix, celle de la chanteuse anglaise Tanya Wells.
Tanya est l’une des très rares interprètes occidentales (homme ou femme) qui ose s’aventurer dans ce type de répertoire (chant soufi, ghazal et thumri). 
Je vous avais déjà présenté sa version du chant soufi  Man Kunto Maula.

Voici son interprétation, épurée et sensible, de Ae Ishq Hamein.

 

mercredi 2 juillet 2014

Les Nooran Sisters : la suite


En octobre 2012, Jean-Luc nous avait fait partager sa découverte de Jyoti et Sultana Nooran, qui illuminent le chant soufi de jeunesse et de talent.
Il nous propose aujourd'hui la suite, les Nooran Sisters poursuivant leur chemin avec un succès grandissant et mérité.

Pour commencer, une chanson étonnante. Comment qualifier le style : punjabi folk-hip-hop-bhangra…. ? La chanson, c’est Tung Tung Da Sun Karda, sur les images de jeux et de fêtes rurales, les "Qila Raipur Rural Olympics in Punjab" (sic). Elles sont surprenantes, non ?



Voici maintenant une performance live irrésistible ! Jyoti dirige les opérations avec une énergie et une joie de chanter particulièrement communicative.




Les Nooran Sisters font danser le public sur un chant dévotionnel punjabi, Bhole Ka Damru (ou comment le chant soufi se marie avec la dévotion hindoue dans la joie).



Et, pour terminer, Main Tere Vichon, certainement une de leur plus belle prestation récente.

mardi 18 mars 2014

Deepabali Dutta



Pour notre plus grand plaisir, Jean-Luc continue de nous faire part de ses découvertes musicales. Cette fois, direction le Bengale pour une chanteuse classique jeune et douée. Je laisse la parole à Jean-Luc !

Aujourd'hui, mon billet est tout simplement un coup de cœur. Je ne sais que très peu de choses sur l’artiste que je vous présente, Deepabali Dutta, si ce n’est qu’elle vient de Calcutta et qu’elle est à la meilleure école, celle du grand maître Ajoy Chakrabarty, le père et guru de Kaushiki Chakrabarty, la nouvelle diva du chant indien, que je vous avais présentée ici en juillet 2012 (voyez un bonus à la fin de ce billet).

Il suffit d’écouter Deepabali sur une belle composition (un bhajan ?) ; son interprétation est prenante, sensible, et en même temps parfaitement maîtrisée de bout en bout. Magnifique !
Ma plus belle découverte parmi les nouveaux talents depuis Jyoti Nooran (dont je vous reparlerai prochainement).

)


Bonus ! 
Même si cette courte vidéo n’est pas de bonne qualité, vous allez craquer en voyant Kaushiki toute petite répéter ses gammes (sa, re, ga, ma, pa, dha, ni) avec son père… et de quelle façon ! L’illustration du talent précoce en musique. 
Puis revoyez donc le billet de juillet 2012. Elle a superbement  grandi...

)


jeudi 9 janvier 2014

Chant soufi, saison 3



Jean-Luc nous revient en ce début d'année et nous propose de poursuivre l'exploration des grands chants soufis.

Après Allah Hoo dans l’interprétation décapante des Nooran Sisters en octobre 2012, puis Man Kunto Maula dans diverses interprétations originales en juillet 2013, c’est Dama Dam Mast Qalandar que je souhaite partager avec vous aujourd’hui.

J’ai retenu à nouveau deux versions non conformistes pour illustrer ce célébrissime qawwali. Pour les interprétations traditionnelles de référence, je vous laisse chercher : vous n’aurez que l’embarras du choix tant elles sont nombreuses, par les plus grands.
Pour illustrer ce billet, j’ai choisi une photo du maître du qawwali, le grand Nusrat Fateh Ali Khan, qui en a donné d’innombrables et inoubliables versions.

Ceux d’entre vous qui ont apprécié la version des Nooran Sisters de Allah Hoo vont certainement aimer l’interprétation de Manjari dans Mast Qalandar.

Manjari est une jeune chanteuse du Kerala, qui travaille pour le cinéma et qui anime l'émission TV " Khayal ", entièrement dédiée au ghazal. Il va sans dire que je recommande chaudement aux amateurs de regarder ses émissions (beaucoup sont accessibles sur le Tube), au cours desquelles elle interprète en live et avec talent les ghazals connus et moins connus.


Ensuite, une version également étonnante, en style folk du Rajasthan, par un chanteur de la région de Jaipur, Om Prakash Rana.

mardi 22 octobre 2013

L'art de Bombay Jayashri


Jean-Luc nous revient avec un nouveau billet consacré cette fois à la talentueuse chanteuse Bombay Jayashri.

Aujourd’hui, cap au Sud, direction Chennai, au Tamil Nadu.

Je vous propose de faire cette première incursion dans l’univers du chant et de la musique carnatique (musique ancienne) avec l’une de ses plus éminentes représentantes, Bombay Jayashri.

Bombay Jayashri interpréte le chant carnatique avec humilité et élégance et sait nous faire ressentir le lien profond entre cette musique et la spiritualité.
Voici l’une de ses prestations très habitée, Yadhava.


La deuxième vidéo, issue de l’une de ses trop rares prestations en France, ici à Strasbourg, illustre également les traits caractéristiques de la musique carnatique : l’art de l’ornementation vocale et instrumentale, l’importance du violon (beaucoup plus présent que dans la musique hindoustanie) et le principal instrument de percussion, le mridangam, tambour à deux faces.


Et puis un bijou ciselé, inspiré, où sa voix légèrement voilée fait merveille, Paayum Oli Nee Enakku. Superbe !


De ses collaborations avec le cinéma, pour lequel elle a chanté dans les principales langues de l’Inde du Sud (en tamoul, telugu, malayalam, kannada, mais aussi en hindi), Bombay Jayashri a hérité du " titre"de Melody Queen.

Vous connaissez son plus célèbre hit, Zara Zara, en hindi. Voici la version tamoule, Vaseegara (du film Minnale, en 2001).


Nenjukulle, belle chanson tamoule, du film Thittakudi (2010)


Et bien sûr, pour terminer, la superbe berceuse (lullaby) du film de Ang Lee,  Life of Pi  (2013).



samedi 6 juillet 2013

Variations sur un chant soufi

Voici une initiative très intéressante et originale de Jean-Luc qui nous présente aujourd'hui le même chant soufi interprété de diverses manières. Appréciez le travail !

En octobre dernier, je vous avais présenté l’interprétation étonnante du célèbre chant soufi Allah Hoo par les Nooran Sisters.

Aujourd’hui, c’est un autre chant soufi des plus célèbres, Man Kunto Maula, un qaul (la Parole, nom qui a donné qawwali), que je souhaite vous présenter dans différentes versions.

Il existe de nombreuses et brillantes interprétations du qawwali Man Kunto Maula (arrangement attribué à Amir Khusrau), notamment par les plus grands : Nusrat Fateh Ali Khan, Abida Parveen, Shujaat Hussain Khan, Sabri Brothers, pour ne citer qu’eux.

La chanteuse hindoustanie Smita Bellur choisit d’en donner une version originale, en retenue, presque intimiste. Plus je l’écoute et plus je trouve que cette version a beaucoup de charme.


Smita Bellur est une personnalité très intéressante.
Je vous invite à visiter son site pour découvrir ses nombreuses initiatives pour la promotion de la musique hindoustanie et de la musique soufie, au service de l’harmonie entre les différentes communautés au sein de la société indienne.


Je ne résiste à vous présenter, dans un autre style et sur de magnifiques images de la Jama Masjid de Delhi, la superbe version de Shujaat Hussain Khan.


Voici ensuite la version très inspirée et colorée (notamment par la présence d’une clarinette, surprenante mais magnifiquement intégrée) de Asif Ali Khan.


Pour terminer, la version folk occidentale, inattendue et réussie, de Tanya Wells.



mercredi 24 avril 2013

Les beaux ragas de Nirali Kartik


Jean-Luc nous revient  avec son insatiable appétit de nouveaux talents. Aujourd'hui il nous présente une jeune chanteuse classique qui a déjà donné des concerts en Belgique, en Autriche, et en Allemagne en 2011.

Parmi les nouveaux talents du chant classique indien ou les talents déjà établis mais encore assez peu connus sous nos latitudes, je voudrais aujourd'hui vous présenter Nirali Kartik. 

Elle est jeune, elle est belle (çà devrait faire l’unanimité) et elle est très douée.
Originaire du Gujarat, née à Ahmedabad, elle a commencé le chant classique à l’âge de neuf ans, encouragée par sa mère elle-même chanteuse.
Elle vit aujourd'hui à Mumbai (son mari est compositeur et producteur de musique à Bollywood).

Pour apprécier son talent, je vous propose trois beaux ragas, où le chant de Nirali est mis en valeur par un superbe accompagnement.

Tout d’abord, je vous propose le raga Albela Saajan Aayo.
Les sonorités envoûtantes du sarangi, ce magnifique instrument, ajoutent à la grâce paisible de ce morceau et de son interprétation par Nirali.


Ensuite, Mero Allah Meherbaan, dont Pandit Jasraj a donné une interprétation de référence. L’accompagnement à la clarinette sur ce raga apporte une couleur originale et réussie à la prestation de Nirali.


Ici, Nirali est accompagnée par la virtuose du tabla Anuradha Pal (the Tabla Queen). Elles sont toutes les deux magnifiques dans ce raga.


lundi 11 mars 2013

Salamat Ali Khan : le chant khyal au Pakistan


Jean-Luc, qui continue de nous faire découvrir les divers genres du chant classique, aborde aujourd'hui le khyal, et pas avec n'importe qui.


Salamat Ali Khan (1934-2001) a été l’un des plus grands maîtres (Ustad) du chant khyal en Inde, puis au Pakistan.
Il a connu la célébrité d’abord avec son frère Nazakat Ali Khan, puis en solo après la disparition de ce dernier.
Il a également été le gourou de ses fils, notamment Sharafat Ali Khan et Shafqat Ali Khan, ce dernier ayant aujourd'hui une grande notoriété et étant considéré comme son successeur.

Je vous propose un extrait étonnant et amusant de l’un de ses concerts, donné en 1974 à Berlin.
Il était manifestement d’humeur joviale et facétieuse ce jour-là. Il a entrepris de faire des variations sur un raga dans plusieurs styles : indien/pakistanais, afghan, arabe et également occidental (western style).
Et, à ce moment là, ça devient très drôle, quand il imite la façon de chanter des artistes occidentaux, façon crooner, et provoque l’hilarité du public.
En même temps, il passe en revue quelques-unes des figures de style du khyal avec virtuosité. Un beau
moment.

.

Pour vous donner envie de poursuivre avec cette étonnante famille, voici une démonstration en public du talent de Shafqat Ali Khan, l’un des plus brillants interprètes de la nouvelle génération.


jeudi 17 janvier 2013

Shujaat Husain Khan & Kayhan Kalhor

Voici un nouvel épisode de la série musicale que nous écrit Jean-Luc. Aujourd'hui, il s'agit d'un duo de musiciens hors du commun, comme vous allez pouvoir l'entendre.


En 1997, les musiciens indien Shujaat Husain Khan (au sitar) et iranien Kayhan Kalhor (au kamanché), accompagnés de quelques autres musiciens, notamment Swapan Chaudhuri au tabla, ont formé un ensemble qu'ils ont appelé Ghazal.

Cette rencontre a donné naissance à la publication, sous ce nom de Ghazal, de trois enregistrements remarquables (sous le label Shanachie), portant  les beaux titres suivants :

*         As Night Falls on the Silk Road 
*         Lost Songs of the Silk Road 
*         Moon Rise Over the Silk Road

Ces trois enregistrements, qui témoignent du croisement des cultures le long de la route de la soie, portent le sous-titre, on ne peut plus approprié, s’agissant de ghazal, de Persian & Indian Improvisations.

En outre, l’enregistrement en public d’un concert donné à Berne en mai 2001, intitulé The Rain, a été publié sous le label ECM (belle devise : "le plus beau son après le silence").

Leur rencontre est un modèle d’intelligence dans le dialogue de deux brillants musiciens, de deux traditions qui historiquement ont engendré le ghazal et plus largement, une partie de la musique classique hindoustanie. 
Le miracle n’est pas seulement de voir réunis deux grands musiciens dans leur domaine, c’est plus encore de les entendre dialoguer aussi magnifiquement.

L’échange entre le sitar et le kamanché est de bout en bout somptueux. Et, lorsque Shujaat se met à chanter, alors , il n’y a plus qu’à fermer les yeux et à se laisser transporter… le long des routes de la soie.

Fire in my Heart extrait de Moon Rise Over the Silk Road


Fire à écouter sur le Tube


Eternity aussi sur le Tube


Traces of the Beloved



Alors que vient de disparaître le maestro Ravi Shankar, il faut souligner que Shujaat est le fils de l’autre légende du sitar indien moderne, Ustad Vilayat Khan, disparu en 2004. 
Avec Anoushka Shankar et Shujaat, Ravi Shankar et Vilayat Khan ont magnifiquement assuré le passage de relais pour maintenir une haute lignée de musiciens.

mardi 2 octobre 2012

Les Nooran Sisters, nouveaux talents du chant soufi


Jyoti (g.) et  Sultana Nooran

Jean-Luc a encore frappé ! Il vient de découvrir deux jeunes sœurs qui ont un bel avenir. Ecoutez-les bien, c'est un plaisir. Et dites-moi ce que vous en pensez !
Je laisse la parole à Jean-Luc...

Aujourd’hui, je voudrais partager avec vous une nouvelle découverte que je viens de faire tout récemment.
Il s’agit de deux toutes jeunes chanteuses, deux sœurs, les Nooran Sisters, au talent très prometteur et déjà affirmé. La cadette, c’est Jyoti Nooran et l’aînée, c’est Sultana Nooran.
Elles sont issues, comme tant de musiciens et de chanteurs indiens d’une lignée de musiciens, au cas présent originaire du Penjab.
On tombe immédiatement sous le charme : de leurs voix, de leur maîtrise, de leur harmonie musicale et de leur gestuelle complice en accompagnement de leur chant.

La présentation de ces nouveaux talents me donne aussi l’opportunité de poursuivre le panorama des différents styles musicaux de l’Inde. Ici, il s’agit d’illustrer un style musical majeur en Inde et plus largement dans le sous-continent, le chant soufi et le qawwali.

Je vous propose en effet pour commencer l’interprétation par Jyoti et Sultana du célèbre Allah Hoo, popularisé en Occident par le grand Nusrat Fateh Ali Khan. Je ne suis pas toujours amateur de certaines fusions, mais ici, l’alliance de l’interprétation de ce qawwali emblématique par les Nooran Sisters et de l’instrumentation en partie occidentalisée est une magnifique réussite. Les Nooran Sisters font swinger le qawwali comme jamais !


Retour à la tradition pour ce second chant, qui met en valeur leur superbe entente musicale.


Enfin, pour terminer, Jyoti en solo. Le contraste est saisissant, entre son apparence presque timide, et l’autorité et l’assurance avec lesquels elle s’empare du chant dès les premières notes. Quel talent !

mercredi 18 juillet 2012

Kaushiki Chakrabarty, nouvelle diva du chant classique indien

Durant un concert à Pune en 2011*
Aujourd'hui, Jean-Luc, grand amoureux du chant classique indien,  vient partager son admiration pour une jeune et talentueuse chanteuse bengalie.
Une belle découverte que vous pourrez compléter par de nombreux morceaux figurant sur YouTube.

Fille du très respecté Pandit Ajoy Chakrabarty, Kaushiki Chakrabarty, à peine plus de 30 ans, aujourd’hui Kaushiki Chakrabarty Desikan depuis son mariage avec le chanteur Parthasarathi Desikan, s’impose comme le nouveau joyau de la musique classique indienne, dans la grande tradition du style hindoustani du Nord, avec le chant khyal et le thumri notamment.

Le khyal (ou khayal) est aujourd’hui le style prédominant du chant classique hindoustani. " Le khyal est né de la rencontre entre l’ancestral dhrupad hindou et les musiques arabe et persane comme le qawwali, dans le cadre de la cour des sultans aux XVIe et XVIIe siècles. "

Le
thumri (ou thumree) est "un style musical exaltant la dimension lyrique et affective par opposition au brillant du khyal, accordant une grande place à l’ornementation […] Le rôle de la poésie y est déterminant. Ce style est surtout choisi par les voix féminines. " (citations extraites de L’Art du raga par François Auboux, éditions Minerve).
Le thumri est souvent présenté comme un style plus léger, intermédiaire entre les musiques savantes et les musiques populaires.

Le nom Chakrabarty l’indique, cette famille est bengalie, de Kolkata (Calcutta). La tradition du Bengale se perpétue, terre de tant de grands artistes et de grands intellectuels dans tous les domaines : littérature, musique, cinéma, philosophie...

Les premiers gourous de Kaushiki dans l’apprentissage du chant ont été sa mère, qui remarqua rapidement son don très précoce, puis son illustre père, qui n’a pas hésité à déclarer un jour qu'elle était meilleure que lui.


La carrière internationale de Kaushiki s'est accélérée lorsqu’elle a reçu un BBC Award pour l’un des ses albums,
Pure, en 2005.
Depuis lors, elle remplit des salles de concert dans le monde entier, dont le Théâtre de la Ville et la Cité de la Musique à Paris, devant des publics qu'elle hypnotise en conjuguant dans son chant à la fois l’intensité, l’expressivité et la virtuosité technique.

Elle a été encensée par les plus grands maîtres du chant hindoustani : Bhimsen Joshi, Jasraj…
Sa voix est pure, chaude, colorée (ambrée, de miel, sont les qualificatifs qui reviennent dans l’expression des connaisseurs) ; elle donne une grande impression de facilité, car sa maîtrise technique est hors normes ; le contrôle de la voix est impressionnant, l’intensité de l’expression et de l’émotion est toujours prenante.

J’aurais pu vous proposer de nombreuses vidéos illustrant les différentes facettes de son talent. J’ai choisi un seul thumri, genre dans lequel elle est éblouissante.
Voici l’enregistrement, lors d’un concert donné à Budapest, du Mishra Charukeshi Thumri interprété de façon magistrale.
Dix minutes de musique pure, dix minutes d’émotion, dix minutes de la plus haute expression artistique.



Sur cette vidéo, le joueur de tempura, Christian Ledoux, a longtemps été (et est peut-être encore) le découvreur d'artistes indiens pour le Théâtre de la Ville à Paris.

* Merci à Creative Commons et Mvkulkarni23 pour la photo du concert de Pune.

mercredi 6 juin 2012

Le ghazal au féminin : Chitra Singh

Jean-Luc récidive ! Grand amateur de ghazal, il nous offre un deuxième épisode consacré à ce genre musical, après son billet sur Jagjit Singh.

Aujourd’hui, c'est avec plaisir que je vais vous faire (re) découvrir une grande dame du ghazal moderne, qui n’est autre que Chitra Singh, bengalie d’origine et épouse du regretté Jagjit Singh.

Elle a interprété d’innombrables ghazals, seule ou en duo avec Jagjit.

Elle a également chanté et enregistré, comme Jagjit, des chants dévotionnels, des bhajans. Elle a arrêté de chanter définitivement à la suite de la perte de son fils en 1991.
Sa vie est ensuite marquée par des drames familiaux successifs : le suicide de sa fille en 2009, puis la disparition de Jagjit l’année dernière.

Je vous propose trois superbes ghazals, enregistrés live dans un studio de la BBC.
Comme on le voit sur ces trois enregistrements, Chitra Singh, c’est une voix incomparable, haut perchée comme il se doit pour une chanteuse indienne, émouvante, une femme d’une grande élégance par sa prestance et son maintien, un beau visage empreint de mélancolie.

En regardant ces vidéos, je suis toujours frappé par la grâce avec laquelle elle accompagne la mélodie de son bras et de sa main gauches.

Je précise que son époux, Jagjit Singh, apparaît dans ces vidéos, soit comme accompagnateur à l’harmonium, soit en duo avec elle.

Pour commencer, le plus rythmé de ces trois ghazals, Janda Janda Mahi Meri Jaan.


Ensuite, une merveille de ghazal, en duo avec Jagjit : Sunte Main Ke Mil Jaati Hai.

En fait, je vous le propose en deux versions, car j’ai ajouté une version enregistrée en public (mais sans l’image du concert) pour vous faire partager l’ambiance et la ferveur de l’audience.
Une version magnifique, l’esprit même du ghazal.



Enfin, pour terminer en douceur, Is Mein Koi Shikwa, une très belle mélodie qui met bien sa voix en valeur.

mercredi 25 janvier 2012

Sarah Dars : tir groupé pour Brahmane Doc

Après un billet sur le chanteur de ghazal, Jagjit Singh, Jean-Luc récidive et vous donne cette fois des idées de lectures à la fois divertissantes et instructives.
Merci Jean-Luc, je ne suis pas une grande liseuse de romans, ce billet va combler un vide !

La belle maison d’édition Philippe Picquier, spécialisée dans le domaine asiatique, a eu la bonne idée de publier une compilation des enquêtes du Brahmane Doc.
Ces enquêtes étaient parues sous la forme de 8 petits livres au format de poche entre 2000 et 2007.
Les voilà réunis en un beau volume unique.

Il s’agit des enquêtes menées par le brahmane Doc, médecin de Madras et amateur d’arts martiaux (le kalaripayatt du Kerala), amené au fil des histoires à se transformer en détective. Brahmane Doc a deux grands amis : le fidèle Arjun et... son parapluie.

Outre l’intérêt et le suspens propre des histoires, le charme particulier de ces enquêtes est qu’elles nous font voyager dans la diversité des régions et villes de l’Inde (Madras, Hyderabad, Mahâbalipuram, Bombay, le Kerala, Ooty , Pondichéry, Calcutta…), et qu’elles nous immergent dans les cultures, particularités régionales, usages, coutumes, rituels, spécialités culinaires de ces différents lieux.

Le voyage réside déjà dans les titres : Nuit blanche à Madras - Coup bas à Hyderâbâd - Ramdam à Mahâbalipuram - La Morte du Bombay Express - Rififi à Ooty - Malabar connection - Pondichéry Blues - Bengal Hot.

Vous retrouverez en particulier toute l’atmosphère, les couleurs et les saveurs de l’Inde du Sud : l’ambiance tropicale, la nonchalance, les plats qui enflamment le palais.
Si vous aimez la cuisine de l’Inde du Sud, vous saliverez par exemple dans Malabar connection au déroulement d’un repas et à la description des plats : pakora, utapam, vellapam, uppama, rasam, kalan, pachadi… 

Pour en savoir plus sur Sarah Dars et son héros, voyez cette page du site Picquier, ainsi qu'une interview de l'auteure.

mercredi 23 novembre 2011

Jagjit Singh, hommage au Ghazal King

Jagjit Singh, été 2011
© Laurent Goldstein*. All rights reserved.
Je suis contente, j'ai réussi à recruter un nouveau lecteur ! 
Aujourd'hui, c'est Jean-Luc, grand amateur de ghazal qui nous propose un hommage à Jagjit Singh, qui nous a quittés le 10 octobre dernier. 

Voix de velours dit-on en français. Silk voice, évidemment, pour les Indiens. Amitabh Bachchan l'a dit :  The sonorous silk voice of Jagjit Singh is silent now.

Jagjiit Singh a popularisé le ghazal auprès d’un large public, avec 80 albums et d’innombrables chansons pour le cinéma.
Sa voix chaude communiait avec le ghazal, style poétique, léger, délicat et souvent nostalgique, inspiré de la musique persane et qui illuminait les spectacles de la cour des nawabs de Lucknow (voir et revoir Umrao Jaan).
A Lucknow, le ghazal reste très vivant, sur scène, dans les hôtels, les restaurants… En voici un exemple, filmé lors qu'un concert dans cette ville. Si la vidéo n’est pas bonne, l’ambiance et la musique sont de haute niveau ! C'est ici.

Deux grands noms dans la période récente ont permis au ghazal de retrouver un large écho au-delà du milieu des spécialistes : Jagjit Singh, l’Indien, et Ghulam Ali, le Pakistanais.
Leurs rencontres sur scène étaient émouvantes, dans le contexte si particulier des relations de frères ennemis de leurs deux pays. Leur dernière prestation commune programmée n’aura pas eu lieu. Ils avaient rendez-vous sur une scène de Bombay le 23 septembre dernier, lorsque Jagjit a été hospitalisé.

Quelques titres pour vous laisser envoûter par la douceur du ghazal, par la silk voice de Jagjit, ainsi que par quelques superbes duos :
Tumko Dekha To  et Zindagi Kya Hai, deux ghazals nostalgiques à souhait.
Gham Ka Khazana, rencontre au sommet de Jagjit et Lata. Si vous écoutez ce titre le matin, vous serez de bonne humeur pour la journée. Sublime !
Jab Saamne composé par Aadesh Srivastava pour le film  Dil Kahin Hosh Kahin ; après Lata, c'est un beau duo avec sa sœur, Asha.
Kagaz Kya Kashti, duo émouvant avec Chitra, son épouse (qui s’est arrêtée de chanter à la disparition de leur fils).
Et pour Ghulam Ali, écoutez le populaire Chupke Chupke

* Je vous propose de faire un saut, et même plusieurs, à l'adresse suivante, où les admirables vues du photographe Laurent Goldstein vous feront voyager à travers l'Inde.

 http://www.facebook.com/laurent.goldstein.photography?sk=photos

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