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mardi 17 novembre 2009

Ciné-club : Aamir Khan

Né en 1965, Aamir Khan commence très jeune à faire anecdotiquement du cinéma : on le voit dans un petit rôle du film Yaadon Ki Baarat réalisé par son oncle Nasir Hussain en 1973. A l'époque, dans le générique du film, on le trouve sous le nom de Master Aamir (les petits garçons acteurs avaient droit au titre de "Master", et les petites filles à celui de "Baby" !)
Il commence véritablement à tourner avec Qayamat Se Qayamat Tak, réalisé par son cousin Mansoor Khan en 1988, où sa partenaire est Juhi Chawla. Dès lors, il enchaîne une série de films qui lui permettent de diversifier ses rôles, puis de les travailler "de l'intérieur" (grosssir, laisser pousser les cheveux...), jusqu'à être surnommé Mister Perfectionnist.
Acteur caméléon, producteur et réalisateur, plusieurs fois récompensé (il refuse de venir aux remises de prix), il fait partie des personnalités les plus importantes de la profession à Bombay.

Rangeela (Coloré, Ram Gopal Varma, 1995)
Un petit voyou sans le sou est amoureux de son amie d'enfance dont le seul but est de devenir actrice. Un jour, elle est remarquée par un acteur qui la fait entrer dans le métier, où elle finit par atteindre la gloire, oubliant son ami de toujours.
Malgré un scénario classique de triangle amoureux, ce film habilement photographié, vaut pour sa musique, sa chorégraphie et bien entendu le jeu des deux acteurs principaux.
Réalisateur : Ram Gopal Varma
Héroïne : Urmila Matondkar
Héros : Aamir Khan
Compositeur : A.R. Rahman
Chanteurs : Asha, Kavita, Hariharan, Udit
Chorégraphes : Saroj Khan, Ahmed Khan
Notre avis : 3/5

Raja Hindustani (Dharmesh Darshan,1996)
Une jeune fille de famille aisée se rend en taxi dans sa résidence de campagne. En chemin, le chauffeur, simple et rustre, l'invite à visiter sa maison. Elle découvre alors un univers qui lui est inconnu et tombe amoureuse du chauffeur pour la gentillesse et sa naïveté.
Le père de la jeune fille, veuf, refuse cette relation avec un pauvre chauffeur ; malgré tout, les deux amoureux se marient...
On aborde ici le problème récurrent de niveau social sur un ton léger au départ et plus sérieux par la suite. Le film se regarde avec plaisir et l'on y voit un vrai baiser entre les deux amoureux (Aamir avait dû travailler son rôle "de l'intérieur").
Autre anecdote : le petit garçon qui joue l'aide du chauffeur est Kunal Khemu, qui a fait du chemin depuis (pas en taxi, mais dans Traffic Signal).Réalisateur : Dharmesh Darshan
Héroïne : Karisma Kapoor
Héros : Aamir Khan
Compositeurs : le duo Nadeem-Shravan, Narendra Sodhi
Chanteurs : Alisha , Alka, Kumar, Udit
Notre avis : 3/5

Lagaan (La Taxe, Ashutosh Gowariker, 2001)
Sous l'Empire britannique, un village négocie ses impôts avec le gouverneur local. Ce dernier accepte de les exonérer à condition que les villageois gagnent un match de cricket contre les Anglais.
Menés par un jeune homme volontaire, les villageois vont oublier leurs différences de caste et de religion, avec plus ou moins de réticence, pour former une équipe et apprendre le cricket avec l'aide d'une jolie aristocrate anglaise en visite chez son frère en poste près du village.
Nominée aux Oscars, cette fresque historique au scénario minutieux a reçu, à juste titre, plusieurs récompenses en Inde et dans de nombreux festivals étrangers. Lagaan, qui marque les débuts de producteur d'Aamir Khan, laisse déjà entrevoir l'excellence vers laquelle il tend.
Réalisateur : Ashutosh Gowariker
Héroïne : Gracy Singh
Héros : Aamir Khan
Compositeur : A.R. Rahman
Chanteurs : Lata, Asha, Alka, Udit, Sukhwinder, Shankar
Chorégraphes : Saroj Khan, Vaibhavi Merchant, Terence Lewis
Notre avis : 4,5/5

Taare Zameen Par (Des étoiles sur la terre, Aamir Khan, 2007)
Un petit garçon rêveur et indiscipliné est envoyé en pension par ses parents qui ne le comprennent pas.
Là-bas, le professeur de dessin remarque qu'il est différent et s'intéresse à son cas. Petit à petit il réussit à sortir l'enfant de son mutisme et à l'amener à s'exprimer par le dessin.
Ce film pédagogique est destiné au grand public, mais surtout aux parents et aux enseignants afin que le dyslexique ne soit plus considéré comme une personne imposssible à comprendre.
Réalisé par Aamir Khan, le film connut un énorme succès auprès du public et auprès des professionnels : Les Filmfare ont récompensé le jeune héros, Darsheel Safary pour son interprétation, et Aamir Khan pour la réalisation. TZP a aussi été sacré meilleur film de l'année.

Réalisation : Aamir Khan
Héros : Dharsheel Safary, Aamir Khan
Compositeurs : le trio Shankar-Ehsaan-Loy (SEL)
Chanteurs : Vishal, Shankar, Adnan, Loy
Notre avis : 4/5

Ghajini (A.R. Muragadoss, 2008)
Un P.-D.G. tombe amoureux d'une jeune fille serviable rencontrée dans la rue. Diverses circonstances les amènent à se revoir et à décider de se marier. Pendant un voyage d'affaires du jeune homme, sa fiançée (toujours serviable) aide un groupe de jeunes filles à échapper aux griffes d'un dangereux mafieux bien connu pour ses activités de trafiquants de jeunes femmes.
Le mafieux va chercher à se venger.
Raconté par flash-backs, le film commence comme une agréable comédie avant de se terminer dans une ambiance de grande violence (âmes sensibles, s'abstenir). C'est un remake du film tamoul du même nom, par le même réalisateur en 2005. Le film tamoul est lui-même inspiré du film Memento (Christopher Nolan, 2000).
Réalisateur : A.R. Murugadoss
Héroïne : Asin
Héros : Aamir Khan
Compositeur : Harris Jayaraj
Chanteurs : Bombay Jayashree, Shankar
Notre avis : 4/5

Et aussi : Akele Hum Akele Tum (Seuls tous les deux, Mansoor Khan, 1995, inspiré de Kramer contre Kramer), Earth (Deepa Mehta, 1998), Dil Chahta Hai (Le cœur se laisse prendre, Farhan Akhtar, 2001), Rang De Basanti (Rakesh Om Prakash Mehra, 2006)...

lundi 16 novembre 2009

Une boîte de talc

Petite promenade dans le quartier indien mercredi dernier.
Après l'achat traditionnel de DVDs, mon regard a été attiré, dans la même boutique, qui est aussi une épicerie indienne, par le motif un peu ancien de cette boîte de talc en provenance du Pakistan.
En Inde, comme au Pakistan je suppose, on utilise beaucoup le talc, généralement parfumé, sur tout le corps, contre les effets de la transpiration et la sensation d'humidité.
Très pratique, le talc, quand on marche pieds nus dans des chaussures fermées, ça ne colle plus !

dimanche 15 novembre 2009

Maison-palais du Chettinad (Tamil Nadu)


Dans la région du Chettinad, au Tamil Nadu, fleurissent les maisons-palais des chettiar, riches marchands de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.
Habiles commerçants et banquiers, qui avaient des liens avec l'Asie du Sud-Est, et sont devenus les prêteurs quasi officiels de l'Empire britannique.
Leur fortune leur a permis de construire d'immenses maisons luxueusement décorées de produits manufacturés à l'étranger.
Ici, il s'agit de la maison de Mutttaiya qui date de 1910-1920 ; elle mesure 200 m de long sur 50 m de large et a servi de décor, entre autres, pour le film Kondukondain Kondukondain (Rajiv Menon, 2000).
Dans l'un des salons (ci-dessous) les photos fleuries des ancêtres de la famille veillent sur une maison vide où vit un gardien et sa famille ; les propriétaires sont à Chennai ou plus loin.


© Bollymages. Kanatukattan, décembre 2005

Pour en savoir plus, un ouvrage très intéressant : Maisons-palais du sud de l'Inde de Robert Dulau, Institut français de Pondichéry, 2002.

samedi 14 novembre 2009

Comique de toujours : Padosan (1968)

Le film Padosan (Voisine, Jyoti Swaroop, 1968) fait partie des comédies devenues des classiques.
La scène qui suit est un morceau d'anthologie qui mérite une petite explication.
Bhole, le héros un peu niais, interprété par Sunil Dutt (papa de Sanjay Dutt), veut séduire sa voisine, Bindu, en lui chantant son amour. Il doit donc prendre des cours auprès d'un guru, interprété par le délirant chanteur-comédien, Kishore Kumar (celui qui utilise son harmonium en mâchant un paan). Alors que Bhole chante faux et trop fort, le guru lui demande de chanter plus bas. Je vous laisse découvrir la suite...

vendredi 13 novembre 2009

Familles du cinéma indien : les Babbar

Raj Babbar (1952)
D'abord acteur de théâtre d'avant-garde à Delhi, Raj Babbar rejoint Bombay et l'industrie cinématographique en 1977.
Malgré sa formation et ses capacités, il n'a pas le bonheur de devenir un super-héros, comme il le pensait.
C'est grâce à ses partenaires féminines qu'il tente de donner un peu de lustre à sa carrière ; Reena Roy, par exemple, qui était plus connue que lui lorsqu'ils tournèrent Sau Din Saas Ke en 1980. C'est Insaaf Ka Tarazu (B.R. Chopra, 1980) avec Zeenat Aman et la débutante Padmini Kolhapure qui lui fit connaître son heure de gloire dans le rôle d'un play-boy violeur.
B.R. Chopra l'engagea ensuite dans plusieurs films ; Nikaah, avec l'actrice pakistanaise Salma Agha, puis Aaj Ki Awwaz avec Smita Patil (bien plus connue et reconnue que lui) qui devint son épouse après qu'il eut quitté sa première épouse, Nadira Babbar.

Nadira Babbar
Nadira Babaar est avant tout une actrice de théâtre qui a fondé sa propre troupe.
Elle est cependant apparue récemment dans 2 films : Bride and Prejudice (Gurinder Chadha, 2004), et Meenaxi: Tale of Three Cities (M.F. Hussain, 2004).
Elle a vu son ex-mari lui revenir après la mort de sa seconde épouse !



Arya Babbar (1981)
Le fils de Raj Babbar et de sa première épouse, Nadira, fait des débuts peu remarqués dans Ab Ke Baras en 2001. En 2007, il obtient un second rôle dans Guru (Mani Ratnam) aux côtés d'Abhishek Bachchan. Le film connaît un grand succès.
On devrait très bientôt le voir dans Jail de Madhur Bhandarkar, dont le héros est interprété par Neil Nitin Mukesh.


Juhi Babbar
Depuis 2003, la fille de Raj Babbar et de Nadira s'essaie aussi au cinéma à Bombay. Mais c'est plutôt dans des films penjabis qu'elle rencontre plus de succès, non seulement en Inde, mais également aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne où la diaspora penjabie est importante.
On peut aussi la voir en femme d'intérieur dans un feuilleton diffusé sur NDTV et produit par SRK : Ghar Ki Baat.



Smita Patil (1955-1986)
Smital Patil, la seconde épouse de Raj Babbar, fait partie du cercle des acteurs du cinéma parallèle indien. Très engagée dans la lutte des femmes et leur libération, elle n'accepte souvent que des rôles qui peuvent servir leur cause.
Néanmoins, elle accepte parfois des rôles commerciaux (Namak Halaal, 1982), malgré son aversion pour l'ambiance hiérarchique qui règne sur les plateaux de ces films.
Parmi ses plus beaux rôles, on peut citer Nishaant (1975), Bhumika: The Role, (1977), Aakrosh (1980) et Arth (1982).
Elle meurt prématurément des suites des complications de son accouchement.

Prateek Babbar (1986)
Le fils de Raj Babbar et de Smita Patil vient de faire ses débuts au cinéma dans un second rôle du film à succès Jaane Tu... Ya Jaane Naa (Abbas Tirewala, 2008) auprès d'Imran Khan, le neveu d'Aamir Khan.
On devrait bientôt le revoir dans Dhobi Ghaat de Kiran Rao (l'épouse d'Aamir Khan). Une nouvelle génération arrive !

jeudi 12 novembre 2009

Baba Ramdev, un yogi pas comme les autres

Baba Ramdev est une personnalité bien connue du public indien ; ce "sage", qui avait retrouvé l'usage de ses membres paralysés grâce au yoga, a tourné le dos aux plaisirs de ce monde pour se consacrer à une tâche : le bien-être de ses semblables par le yoga et l'ayurvéda (la médecine traditionnelle védique).
Faisant des tournées régulières à travers l'Inde, il regroupe des centaines, parfois même des milliers de personnes en plein air pour leur faire pratiquer gratuitement des exercices de yoga Patanjali, selon les écritures anciennes. Comme vous pouvez le voir, il se fait entendre via un micro.


Ces cours sont retransmis à la télévision et regardés par quelque 85 millions de téléspectacteurs en Inde, 20 millions dans le reste du monde (moi-même je regarde parfois, complètement ébahie) : en effet, Baba Ramdev dit être en mesure de guérir de nombreuses maladies, et non des moindres, grâce aux pouvoirs du yoga et en particulier ceux du pranayanam (excercices de respiration). De quoi rester sceptique.
Parallèlement à cette activité, il a créé un trust destiné à la recherche (il a développé une gamme de produits ayurvédiques), au yoga et aux soins pour les pauvres.
Sortant du domaine médical, ses déclarations sur les problèmes de l'Inde (prévarication, économie, agriculture, éducation) ont toujours un grand retentissement dans la presse.

mercredi 11 novembre 2009

Programme de Aaya Toofan (1964)

Ce film de série B peut être classé dans la série des péplums indiens. Ils se déroulent souvent à la cour d'un roi où des complots se trament pour le renverser, à l'instar des films occidentaux.
Sur la couverture du programme, on voit que le héros est interprété par Dara Singh (au premier plan avec un glaive), lutteur et acteur indien qui a été abonné aux rôles musclés tant que son physique le permettait.
Quant à l'héroïne, dont le visage apparaît en gros plan, elle est interprétée par Helen dont la carrière fut plutôt florissante dans les rôles de danseuse de cabaret.

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